Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €

27th Aug 2010 | 15:21

Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €
Washburn WD32SCE A partir de 400 € environ
Table : Épicéa massif ; Dos et éclisses : acajou ; Manche : acajou ; Touche : Palissandre avec incrustations droites Préampli : A 3 trois bandes avec accordeur intégré ; Accastillage : Mécaniques Grover ; Finition : satin naturel

Les électro-acoustiques sont partout. Presque tous les luthiers en fabriquent et les prix sont donc très compétitifs. Voici un choix de modèles allant de 200 € à 600 €, en commençant par la WD32SCE de Washburn.

Chacun sait que Washburn produit de très bonnes guitares électriques : à la rédac’, l’évocation des épatantes guitares des gammes Idol et Nuno Bettencourt’s N-Series a aussitôt fait monter le taux d’humidité des sous-vêtements. Ces guitares acoustiques auront-elles le même effet sur nos dessous ou vont-elles doucher notre enthousiasme?

Décortiquons un peu ce nom de modèle, WD32SCE. Le ‘S’ signifie "Solid", ce qui indique que la table de cette guitare est en épicéa massif. C’est toujours un bon point pour une guitare à ce tarif. Le ‘CE’ indique que la guitare est une électro-acoustique à pan coupé. Maintenant que les présentations sont faites, passons aux choses sérieuses.

Washburn fabrique des guitares depuis 1883, il n’est donc guère surprenant que ces mecs soient plutôt bons dans leur domaine. Leur expérience est bien visible sur la WD32SCE. C’est une vraie tout-terrain. Elle marque des points grâce à sa douce sonorité acoustique et au manche fin typique de Washburn qui facilite le frottement des cordes.

Grâce au combo intégré micro/préampli B-Band, le son amplifié de la WD32SCE est tout aussi satisfaisant que ses sonorités acoustiques, faisant de cette guitare l’instrument idéal pour les concerts et les enregistrements en studio.

Verdict

La WD32SCE a un son agréable, l’assemblage et la finition sont bons et elle joue bien mieux que ce que l’on attendait d’une guitare à ce prix. Faites un peu le tour des boutiques et vous arriverez à trouver cette perle autour de 350 €. Bon, c’est l’heure de changer de sous-vêtements…

Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €
Yamaha APX500 386.31 PPC
Table : épicéa Dos et éclisses : Nato ; Manche : acajou ; Touche : palissandre avec incrustations dot; Préampli : A 3 trois bandes avec accordeur intégré ; Accastillage : Mécaniques Grover ; Finition : Naturel, noir, Oriental Blue Burst, Dark Red Burst et Old Violin Sunburst

L’affirmation de Yamaha selon laquelle la APX500 « offre un son fantastique à un prix raisonnable » est encore plus perspicace après un tour des boutiques. On a trouvé cette électro-acoustique au prix de 330 € à peine en cherchant bien. Soit 50 balles de moins que le prix de vente conseillé !

L’APX500 est compacte. Avec un corps plus petit que la moyenne, c’est une solution intéressante pour les joueurs de guitare électrique souhaitant ajouter une acoustique à leur arsenal sans avoir à lutter avec une dreadnought. Quoi de plus ? Un préamplificateur de qualité et un accordeur intégré.

Évidemment, en raison de cette même taille plus réduite, l’APX500 ne peut pas vraiment concurrencer les sonorités acoustiques des guitares plus volumineuses. Pas d’empressement, cette petite commence vraiment à montrer ce qu’elle a dans le ventre une fois branchée.

L’égaliseur trois bandes de la guitare offre une large palette de sonorités. En plus, sa taille fait qu’il est simple comme bonjour de passer de l’APX500 à votre guitare électrique. Le manche fin y contribue également.

Verdict

On comprend donc bien pourquoi l’APX500 se vend comme des petits pains. À 385 € ça vaut le coup d’y jeter un œil ; et à moins de 335 € c’est une bonne affaire. D’accord, ce n’est pas une guitare aussi polyvalente que certaines électro, mais si votre objectif est de brancher votre acoustique à un ampli la plupart du temps, vous devriez essayer cette APX500.

Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €
Adam Black S-5CE A partir de 200 € environ
Table : Épicéa massif ; Dos et éclisses : acajou ; Manche : acajou ; Touche : palissandre avec incrustations dot ; Préampli : Égaliseur Prener-LC 3 bandes avec réglages de présence et accordeur intégré ; Accastillage : Mécaniques Grover ; Finition : Natural Gloss, Trans Black, Trans Blue, Natural Satin et Vintage Sunburst

Tous les fabricants de guitares affirment que leur instrument est le meilleur et la petite nouvelle nommée Adam Black ne fait pas exception à la règle.

Adam Black explique que l’essence de ses guitares, c’est la qualité là où il est essentiel que l’expressivité du musicien soit transférée à l’instrument. À nos oreilles, ça ressemble à de la bouillie marketing à la grammaire douteuse.

Ceci étant, bouillie mise à part, la construction des guitares Adam Black est bien pensée. Les détails cosmétiques ne sont pas son fort, mais pour vous consoler, vous avez à la place un manche en queue d’aronde (une bonne nouvelle pour la sonorité et la tenue des notes), un barrage allégé et un accastillage de bonne qualité avec des mécaniques Grover et un préampli intégré.

Le point fort de la S-5CE, c’est sa sonorité acoustique. Quelques plaquages d’accords bien sentis et elle rempli la pièce d’un beau son bien équilibré. Grattez délicatement les cordes et vous adorerez ses aigus bien nets et ses graves profonds. Branchez un micro et là, vous vous ferez peut-être la même réflexion que nous : cette guitare serait une véritable tueuse en studio.

Ce n’est que quand on l’amplifie à partir du micro intégré que l’enthousiasme retombe un peu. La configuration micro/préampli n’est pas aussi satisfaisante que celle d’autres guitares.

Verdict

Mais ne vous y trompez pas, ce n’est pas terrible mais c’est surtout que nous avons nettement préféré les sonorités acoustiques de cette guitare. Adam Black est peut-être un peu nouvelle dans cette catégorie, mais la marque est bien partie. En fait, elle ferait juste mieux d’oublier toutes ces âneries marketing et laisser ses guitares parler d’elles-mêmes.

Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €
Vintage VEC380N £249 (environ 290 €)
Table : Épicéa massif ; Dos et éclisses : Érable figuré ondé ; Manche : Nato ; Touche : Ébène avec incrustations dot ; Préampli : Shadow 5 Plus ; Accastillage : Mécaniques de style vintage ; Finition : Naturel, Burgundy Burst

Vintage est déterminée à prendre la tête du marché de la guitare en entrée de gamme. La firme qui vous a offert les guitares Metal Axxe, les séries Icon et la gamme Advance d’électriques a des vues sur le marché acoustique. La VEC380N est l’un de ses poids lourds.

Elle est aussi large qu’une super Jumbo, mais pas aussi profonde qu’une dreadnought conventionnelle. Sur ce point, elle se rapproche davantage de l’APX500 de Yamaha. En termes d’esthétique, elle est dotée d’une tête à fentes old-school ainsi que d’un dos et d’éclisses en érable ondé. Elle a même un manche en ébène.

Si vous êtes à la recherche d’une reine de beauté, alors la VEC380N pourrait vous convenir. Le dos et les éclisses en érable ondé lui permettent de se démarquer et cette tête à fentes avec des mécaniques or de toute beauté.

Verdict

Le système de pré-amplification et de micros l’aide également à jouer dans la cour des grands. C’est un système Shadow et il n’y a rien d’intéressant en matière d’amplification d’acoustique dont ces équipes ne soient pas au courant. Une fois branchée, cette guitare peut absolument tout faire. Par contre, son corps un peu léger donne une sonorité acoustique manquant quelque peu de profondeur dans les graves. Mais son prix autour de 300 € seulement dans certains magasins est un véritable atout.

Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €
Ibanez JSA5 Environ 490 €
Table : Épicéa Engelmann massif ; Dos et éclisses : Acajou lamellé ; Manche : acajou ; Touche : palissandre avec incrustations dot ; Préampli : Presys ; Accastillage : Chrome ; Finition : Noir

Difficile d’imaginer Joe Satriani faire un truc aussi bête que de battre un accord de la mineur, mais le maître du shred reconnaît être accroc à l’Ibanez JSA5. "Elle est agréable, se joue bien et sonne merveilleusement » s’exclame le Shredder. « Elle a une projection remarquable, une gamme dynamique impressionnante avec une sonorité claire et puissante ainsi qu’un son plein et équilibré, idéal pour le strumming, les solos ou le jeu au doigt."

Apparemment conçue par Satriani en personne, la JSA5 avec son corps fin de 103 mm et sa table d’harmonie de 405 mm se rapproche d’avantage d’une jumbo, ce qui en fait l’instrument le plus jouable de cette sélection, avant même d’y ajouter un manche fin qui semble tout droit tiré d’une électrique. En comparaison, la sonorité est moins originale.

Le micro Sonicore restitue bien le cliquetis naturel de la JSA5 et l’excellente définition est indiscutablement géniale pour les solos. Mais dans l’ensemble, elle n’a peut-être pas l’envergure que l’on attend d’un instrument auquel le nom de Satriani est associé. Elle sonne bien, comme des centaines de modèles en épicéa/acajou à moins de 500 €.

Verdict

Il ne fait nul doute que la JSA5 est conçue pour la musique et c’est bien ce qui nous convient à tous. Soyons clair, on aime le son mais on ne peut s’empêcher d’avoir un sentiment de déjà-vu et de jeter des coups d’œil envieux à la JSA10 de Satriani bien plus chère (environ 950 €)), dont le corps en palissandre massif et l’électronique plus poussée pourraient mieux rendre hommage à ce modèle.

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Takamine EG481SCX 513 € PPC
Table : Épicéa massif ; Dos et éclisses : Acajou lamellé ; Manche : acajou ; Touche : Palissandre avec incrustations dot en nacre ; Préampli : TP4T; Accastillage : Chrome ; Finition : Noir

Certains rockeurs ont peur qu’une acoustique ne les transforme en hippies aux pieds nus. Aucun risque avec ce colosse à pan coupé de Takamine, qui a banni tout penchant vers la guimauve avec sa peinture couleur corbillard et sa rosace en chaîne de moto des Hells Angels.

Pour la fabrication, c’est une combinaison d’épicéa et d’acajou qui a été utilisée. C’est donc son corps NEX en forme de sablier qui va faire la différence. Le NEX est un bon compromis : sa taille fine permet un bon contrôle, les hanches larges sont parfaites pour les médiums et son manche consistant confirme les allégations de Takamine, déclarant que cette guitare est idéale pour les chanteurs-compositeurs adeptes du jeu aux doigts.

En acoustique, elle offre un beau cliquetis et un mélange parfait de sonorités. En pizzicato, l’acajou lamellé apporte un surcroît de chaleur aux notes, mais les parties en épicéa massif de la table veillent à ce que les accords ouverts ne deviennent pas trop denses. Vous devriez pouvoir protéger ces sonorités avec un ampli acoustique correct, mais le préampli TP4T donne des résultats satisfaisants pour renforcer les riches accords ou doper les aigus dans les solos.

Verdict

Sous ses airs de bikeuses, l’EG481SCX est une électro bien équilibrée. Elle n’a pas le caractère nécessaire pour lui ouvrir les portes d’un studio d’enregistrement de premier plan, mais c’est un instrument solide qui ne vous laissera pas tomber, quoi que vous fassiez, et qui vous offre suffisamment de contrôle sur le son amplifié pour être sûr que personne ne va le détester.

Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €
Tanglewood TW28 CE XFM A partir de 440 € environ
Table : Épicéa massif ; Dos et éclisses : Érable ondé ; Manche : Érable ; Touche : Rosewood; Préampli : Fishman ION-T ; Accastillage : Chrome ; Finition : Brillant naturel

La théorie de l’évolution de Charles Darwin affirme que l’homme descend du singe. Ouaip. Mais nous, on préfère se pencher sur les Evolution Series de Tanglewood, dont l’objectif est de balayer les prix tout en conservant les fonctionnalités pour les guitaristes modernes aux pouces opposables.

La TW28 est la plus intéressante, avec une table en épicéa massif et un corps en érable moins banal. Elle incarne les avantages et inconvénients du format dreadnought, avec un corps 117 mm pouvant être écrasant tant la projection est présente mais avec un sustain incroyable pour lesquel vous allez immédiatement tout pardonner.

Sur le plan sonore, l’érable a un impact énorme, bien que potentiellement source de division. Il apporte une superbe clarté à votre jeu et s’adoucit agréablement au bout des doigts. Cependant, les adeptes du strumming vont regretter la chaleur veloutée d’un corps en acajou ou en palissandre. De plus, avec un jeu au médiator, la sonorité est un peu plus discordante.

Nous n’avons rien à redire concernant le micro, mais le préampli Fishman ION-T n’offre aucune possibilité d’ajustement d’égaliseur significative. Il vous faudra donc un bon ampli acoustique pour renforcer le son.

Verdict

De nombreux musiciens vont adorer le changement induit par les parties en érable, surtout ceux qui sont fatigués d’entendre leur travail précis sur le manche gâché par une sonorité acoustique flasque. Mais le prix payé s’affiche clairement quand on arrête de jouer dans le style Nick Drake pour pencher vers Jack Johnson : on est confronté à une sonorité plutôt acérée. Rien à redire pour 450 € même si c’est plutôt un petit pas (et non un grand) pour l’humanité.

Tour d'horizon : 8 électro-acoustiques à moins de 600 €
Freshman Apollo 3 DC Environ 585 €
Table : Épicéa massif ; Dos et éclisses : Acajou lamellé ; Manche : acajou ; Touche : palissandre avec incrustations dots ; Préampli : Système double Fishman Presys ; Accastillage : Moulage sous pression or ; Finition : Finition naturelle

Le fondateur de Freshman, Sean Kelly, justifie le prix de l’Apollo. « On ne vise pas le deuxième-choix », explique le luthier de Glasgow. "Je conçois tout moi-même et je m’approvisionne en bois personnellement, me battant pied à pied pour obtenir des essences de qualité. La table est en épicéa de Sitka sélectionné de qualité AA. Il y a beaucoup de guitares sur le marché. Nous devons être meilleurs."

Ce n’est pas un grand nom, mais l’Apollo fait son petit effet dès les premiers accords plaqués en acoustique. Le son est magnifiquement équilibré : rond, clair, plein de caractère, on a plaisir à jouer sans ajouter d’ampli ou d’effets, la chaleur de l’épicéa et du palissandre s’associant pour vous rappeler que ce que vous tenez entre les mains était auparavant un arbre.

Avec en plus un manche jouable et une touche simplissime, en voilà assez pour vous faire oublier ce corps plutôt encombrant (et ce sillet un peu bâclé). La meilleure nouvelle ? Une fois branchée, c’est pareil, mais en plus fort.

Verdict

Freshman est un habitué des bancs de touche. L’Apollo 3 n’avait l’air de rien et nous a offert le son qu’on cherchait quand on a commencé à jouer, puis l’a transmis par l’ampli. On pourrait râler à cause du prix, mais c’est peu cher payé pour une guitare agréable à jouer aux sonorités plaisantes qui vous suivra longtemps sur scène.

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