Will Lee : 10 albums de basse incontournables

21st Oct 2013 | 11:19

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Will Lee : 10 Albums de Basse Incontournables
"Tant de disques exceptionnels m'ont inspiré. Ils ont tous quelque chose d'intemporel."

Will Lee a été le bassiste assermenté du CBS Orchestra, formation musicale permanente de l'émission The Late Show With David Letterman (diffusée sur CBS aux Etats-Unis) pendant plus de 20 ans. Ce programme télé avait précédemment été diffusé sous le nom de The World's Most Dangerous Band, et Will Lee y avait déjà fait ses armes pendant 11 ans. Ces shows de prestige lui ont permis de jammer avec certain des plus grands artistes de ce monde.

Les contacts iPhone de Lee lui ont été d'un grand secours durant l'enregistrement de son dernier album, Love, Gratitude And Other Distractions, sorti il y a peu. Des gars de la trempe de Steve Lukather, Pat Metheny, Billy Gibbons, Allen Toussaint, Leni Stern, les batteurs Steve Gadd et Peter Erskine, et, il va sans dire, le directeur musical du Letterman Show, Paul Shaffer, ont saisi sans hésitation cette occasion de participer à l'album de Lee.

"Ce sont vraiment des gens extraordinaires !", s'enthousiasme-t-il. "Chaque fois qu'une occasion se présentait de faire appel à un musicien spécifique, j'avais la chance incroyable d'obtenir leur bénédiction sans la moindre hésitation. J'ai beaucoup de gens super dans mes contacts, et c'est vraiment cool qu'ils aient tous été prêts à participer à cette aventure. Je leur en suis réellement reconnaissant."

La reconnaissance est clairement au coeur du thème de cet album. Will Lee a même donné le titre de Gratitude à son tout premier morceau qui accroche déjà agréablement l'oreille. "Je me sens comme poussé de reconnaître et d'apprécier à sa juste valeur l'importance de ce sentiment", nous explique-t-il. "Quand on est gosses, on a toujours cette impression que le temps s'étire, et on n'en voit pas la fin. Du coup j'en ai profité à ma manière en tombant dans les griffes de l'alcool et de la drogue... Je n'ai jamais été capable de voir au-delà de tout ça, et en fait je suis surpris d'avoir dépassé la trentaine. L'instinct de survie, je suppose. C'est sans doute cet instinct-là qui m'a montré la voie de la désintox. J'ai appris pas mal durant cette période, une leçon de vie qui m'avait toujours fait défaut jusque là. J'ai trouvé la force de remplacer la drogue par la connaissance et la maturité, et la gratitude par la suite. Je suis heureux d'avoir pu donner à la Prière de la Sérénité une place dans une de mes chansons. C'est une prière qui m'a tiré de nombreuses situations peu enviables".

Cette réputation qui le dépeint comme l'un des bassistes les plus polyvalents du monde (et l'un des musiciens de tournées les plus demandés avec plus de 1.600 albums à son actif) risquerait de donner à penser que Love, Gratitude And Other Distractions est une manière de mettre ses compétences à la quatre-cordes en exergue. Mais Will Lee nous arrête tous dans notre élan en poursuivant : "C'est vraiment un album de chansons, avec du chant et avec plein de gens super qui y contribuent. Mais je savais qu'on s'attendrait à ce que je joue de la basse aussi. Du coup j'ai incorporé deux parties de basse pour satisfaire ces attentes, comme Papounet's Ride, et je joue aussi une reprise instrumentale de Smile à la basse. Avec un peu de chance, mes collègues bassistes leur feront une bonne critique".

Ces mêmes bassistes seront peut-être même tentés d'écouter les disques qui constituent la compilation des 10 Albums de basse Incontournables de Will Lee au profit des lecteurs de MusicRadar. Nous avons là, en effet, un assortiment qui nous promène musicalement d'un bout à l'autre d'une gamme de styles aussi divers que variés, du jazz aux saveurs aventureuses à la pop d'avant-garde.

"La basse peut être cet élément qui flatte votre oreille et vous donne comme un coup de fouet", nous dit Will. "Mais une fois cette première impression passée, est-elle encore capable de te faire ressentir cette même émotion d'une année sur l'autre ? Si tu reviens régulièrement sur un album et que la basse te fait toujours ce même effet, alors là tu sais que c'est un super album de basse. Il y a tellement de morceaux de basse que je trouve fantastiques et qui constituent un héritage de légende que je vais sans aucun doute devoir négliger certains albums d'envergure. Mais voilà ceux que je ne peux vraiment pas ignorer".

Dans les pages suivantes, Will Lee nous livre sa sélection des 10 Albums de Basse Incontournables.

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
The Beatles – Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band (1967)

"Ça c'est le disque qui a secoué le monde de la basse rock 'n' roll. C'est un album de référence à tout un tas de niveaux, mais surtout en ce qui concerne le jeu de basse de Paul McCartney qui, sur ce titre, est d'une beauté tout-à-fait exceptionnelle. On s'évertue tous à essayer de se rapprocher de ce qu'il a réussi à accomplir sur Sgt. Pepper... je nous souhaite bonne chance à tous ! [Rires]"

"A la base, ça tient à l'esprit de compétition très développé du gars. Les gens de Liverpool, c'est bien connu, sont de nature compétitive. Alors, imagine-toi des génies de Liverpool qui rencontrent d'autres génies de Liverpool... c'est de la compétition de très haut niveau."

"Quand tu tombes sur un mec comme Paul, un mec qui est un guitariste super talentueux au départ, et que tu le mets à la basse sur une chanson comme With A Little Help From My Friends - qui, soit dit en passant, est un titre sur lequel les changements d'accords sont très simples ; c'est pas que c'est particulièrement complexe, mais c'est sûr que c'est superbe... il pourrait sûrement juste jouer les bases, et ça suffirait au commun des bassistes. Mais avec Paul c'est différent. Tu le mets en situation de studio une fois que tous les musiciens sont rentrés chez eux et il va te pondre des trucs fous qui vont donner autre chose. C'est là que le projet va évoluer."

"Revolver est de ce même niveau aussi, comme Sgt. Pepper. Ces sessions de basse à la fermeture du rideau ont vraiment fontionné. C'est là que Paul s'est révélé en tant que bassiste, que le bassiste en lui a émergé. Spectaculaire. Il n'y a pas d'autres mots."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Miles Davis – Four & More (1966)

"Il n'existe pas de meilleur exemple d'orchestre de jazz que cet enregistrement d'album live joué par le quintet de Miles Davis. C'est une prestation qui a eu lieu au Philharmonic Hall du Lincoln Center (Manhattan, New York) en 1964 et qui est tout simplement incroyable."

"C'est l'exemple typique de gars qui atteignent un tel degré de communion musicale ensemble qu'ils sont indéniablement portés à faire de tout changement de rythme et d'interprétation une réussite exceptionnelle. C'est Ron Carter qui est le bassiste dans ce quintet. Il y a Tony Williams à la batterie, Herbie Hancock au piano et George Coleman au saxo ténor. Il se passe tout un tas de choses entre ces gars. On dirait qu'ils prennent tous leur tour pour jouer en solo, à des moments différents."

"Il y avait un esprit de compétition diabolique, au sein de cet orchestre ! Tous les membres du groupe étaient au sommet de leur art et chacun d'entre eux se servait des autres comme tremplin pour briller. Diabolique. Miles (je me rappelle de la seule fois où j'ai joué avec lui au cours de l'émission de Letterman), il te demande de ne pas jouer trop fort pour qu'on l'entende bien. C'est le style de mentalité auquel ils avaient tous à faire face."

"Il faut que tous les bassistes écoutent ce disque. Si tu accroches dès la première fois, tu accrocheras encore plus à la centième."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Roberta Flack – Chapter Two (1970)

"Là première fois que je suis venu à New York, c'était pour faire partie d'un groupe qui s'appelait Dreams. Les membres de ce groupe étaient Michael et Randy Brecker, Billy Cobham à la batterie, Don Grolnick au piano et Bob Mann à la guitare. Ces gars sont des géants du monde de la production musicale à New York."

"J'étais venu pour remplacer un bassiste, et heureusement que je n'avais jamais entendu parler de ce gars, parce qu'il s'agissait en fait de Chuck Rainey. J'arrivais de Miami, jeune et sûr de moi, 'Ouais, cool, pas de problème, je peux remplacer qui vous voulez. Je suis trop bon !'. Si j'avais su, je n'aurais jamais accepté ! Mon ignorance m'a permis de vivre la situation tranquille, sans réaliser l'ampleur de la tâche."

"Me voilà donc embauché pour ce concert, tranquille, 'Ouais, je déchire, et tout et tout'. Je créchais chez Michael Brecker parce que je n'avais pas mon propre appart à ce moment-là. Il écoutait cette station de radio qui s'appelait WLIB. Ils y jouaient de la super musique Soul. Je suis donc dans la cuisine en train d'écouter la radio. Mike est en train de répéter dans la pièce à côté, ce qu'il fait 24 heures par jour ; je suis en train de bouffer, ce que je fais 24 heures par jour. La radio passe cette chanson Reverend Lee de Roberta Flack, et ce n'est quasiment que de la basse. Incroyable."

"J'appelle Michael et il me dit 'Ah ouais, c'est Chuck... le gars que tu remplaçais'. 'Quoi ?! Qu'est-ce que je fous là ?' Je n'avais jamais rien entendu de pareil, la manière dont il jouait de la basse. C'était un innovateur. Il jouait tous ces trucs harmoniques en La que j'ai utilisés sur des centaines de titres depuis. Mais à ce moment-là c'était tout nouveau pour moi. Je voulais être musicien de studio et Chuck m'a montré tout ce que tu peux te permettre de faire sans être viré."

"Cette chanson est extraite de l'album Chapter Two de Roberta, que je me suis empressé d'acheter. Après ça, j'achetais tout ce qui portait le nom de Chuck sur la pochette. J'ai tout acheté. Mais c'est cette première chanson, Reverend Lee, qui me fait toujours cet effet prodigieux."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Bela Fleck And The Flecktones – Bela Fleck And The Flecktones (1990)

"J'étais dans un aéroport à attendre ma correspondance et ce gars est venu m'aborder : 'Hey, man, je m'appelle Bela Fleck. Je suis un super fan et j'aimerais bien que tu écoutes mon CD'. Je dis 'Ouais, ouais...', du style j'ai la tête ailleurs, tu vois ? Il m'a donc donné son CD sur lequel il y avait Victor Wooten qui jouait. Je l'ai écouté et j'étais comme 'Non mais c'est pas possible !' [Rires] C'était in-cro-yable."

"Selon moi, Victor était le nouveau Jaco Pastorius. Il démarre sur sa basse et tu entrevois toutes les possibilités de cet instrument. Il est la musique incarné. Il n'a pas besoin de s'y reprendre à deux fois lorsqu'il joue quelque chose, la musique passe directement de son cerveau à son instrument."

"Je me suis toujours intéressé à Victor à partir de ce moment-là. On est devenus super amis par la suite. Et c'est cet album qui a sonné l'alarme, en quelque sorte : 'Attention, les gars ! Y'a un nouveau mec qui envoie sévère sur scène.'"

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Peter Gabriel – So (1986)

"C'est un album remarquable en terme de jeu de basse, mais c'est surtout un album de musique d'une qualité exceptionnelle. Et sur ce plan là, il est supérieur à tous les autres. Tony Levin et Larry Klein jouent des morceaux absolument incroyables. Je ne sais pas comment Peter Gabriel s'y prend pour ses enregistrements, mais il a très bien choisi ses musiciens. Ils ont amené la qualité déjà existante à un tout autre niveau et même bien au-delà."

"Il n'y a rien de compliqué : les chansons sont simples, les grooves sont balèzes, les idées originales, et les parties de basse sont jouées de manière experte avec des pédales de compression et un médiator. L'attaque a ce quelque chose de percussif - tu ressens les notes graves tout au fond de ta poitrine. En plus ce sont des parties accrocheuses qui contiennent des sous-parties accrocheuses ! C'est constitué de petites lignes de basse vraiment super avec des idées qui te restent en mémoire. J'adore la manière dont ça t'interpelle."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Graham Central Station – Graham Central Station (1974)

"Larry Graham, man. Les gens ont commencé à parler de ce disque dès sa sortie, et il y avait de quoi : c'est un disque spectaculaire à tous les niveaux, avec tellement de parties de basse incroyables que tout ce qu'il te reste à faire, c' est de t'asseoir là et de ressasser cette jalousie qui t'étouffe parce que tu n'es pas capable d'en faire autant."

"Evidemment j'étais déjà super fan de Larry à l'époque où il jouait avec Sly And The Family Stone. Mais quand il a formé son propre groupe, je l'ai découvert comme un artiste à part entière. We've Been Waiting est une chanson d'ouverture parfaite. Puis tu passes à It Ain't No Fun To Me et ça continue, que du bon. Ce disque est une vraie dynamite."

"Larry est une vraie bouffée d'air frais. Il adore ce qu'il fait, il le ressent profondément, et il ne veut qu'une chose c'est te faire partager tout ça. C'est le style de gars qui peut jouer devant une seule personne ou devant 10.000 spectateurs, et ça ne fait aucune différence. C'est tout-à-fait ce qui ressort sur cet album."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Motown Greatest Hits (2003)

"Rien n'empêche qui que ce soit de parler des plans de guitare ou de certains beats de batterie mais, dans mon esprit, James Jamerson est celui qui a défini le Motown. Si tu décidais de retirer la basse de l'univers Motown, tu te retrouverais avec quelque chose de squelettique qui manquerait crûment de grooves et de vécu - de tout ce qui en fait des chansons à part entière."

"Les musiciens des studios Motown (à Détroit) étaient sans doute payés 50 dollars la piste. Ils auraient très bien pu jouer des downbeats et des trucs de base et ça aurait bien sonné, mais ils prenaient leur temps, ils exploraient chaque groove et ils finissaient par trouver des trucs qui marchaient vraiment."

"Jamerson, lui, trouvait des trucs sur sa basse quatre-cordes qui n'étaient même pas issus de la basse quatre-cordes. Il avait la réputation non seulement de trouver des sous-accroches, comme je les appelle, mais aussi de faire dans l'innovation à chaque fois, sur chaque chanson. Et il avait déjà passé toute sa journée à jouer. En fin de soirée, il avait déjà joué une dizaine de titres. Il s'améliorait sans doute au fil des heures, ce qui paraît impensable. Je me demande d'où il sortait tout ça - je sais qu'il avait une formation contrebasse et jazz, comme tous ces gars du même milieu. C'était un génie."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Jaco Pastorius – Jaco Pastorius (1986)

"C'était non seulement incroyable à l'époque, mais ça en remontre encore à tout le monde aujourd'hui. Si tu penses que tu sais jouer de la basse, tu devrais écouter ce disque puis te poser cette question, 'Est-ce que je sais vraiment me servir d'une basse ?'."

"Jaco retient ton attention dès le départ, dès la chanson d'ouverture, Donna Lee, et il la retient sans relâche. Tout ce qui suit est du même acabit, absolument extraordinaire à sa manière. Il a pris ces quatre bouts de métal et ce bloc de bois qu'on appelle une basse et il nous a montré ce qu'on pouvait en faire."

"C'était un joueur qui n'arrêtait jamais, mais il produisait de la super musique parce qu'il l'avait en lui et qu'il était vraiment créatif aussi."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
Oscar Peterson – The Trio (1961)

"Ray Brown est mon joueur de contrebasse préféré. Sur cet album, il joue avec l'Oscar Peterson Trio, et pour moi il n'y a pas grand-chose qui peut surpasser cette performance."

"La prestation de Ray au sein de ce trio donne une résonance spéciale à ses sons de basse. Il met tout son coeur et toutes ses tripes dans son jeu. Il arrive à explorer toutes les possibilités cachées et à extirper à chaque son toutes leurs nuances. Il a une manière de jouer des harmoniques qui me captive. Et il incorpore en plus tout un tas de petits éléments, du style tu trouves des accroches et des sous-accroches disséminées sur toute la longueur du disque."

"Il sait te titiller avec son sens de l'humour, et avec ses prouesses insensées, évidemment ! Je suis un grand fan. J'adore son style. Tout ce qu'il produit respire la vitalité et le bon goût."

"Ce disque est aussi une leçon d'humilité dans le sens où il te montre comment jouer, et notamment comment jouer de manière à mettre le leader du groupe en valeur. Ray et l'autre musicien [Ed Thigpen] sont d'ailleurs très respectueux de ça. Ils n'essaient pas de se mettre en avant et de prendre le dessus sur Oscar. C'est comme ça que ça devrait fonctionner. Oscar te donne l'impression qu'il sort de son piano tout ce qu'il est humainement possible d'en sortir. Il t'en sort des grooves de folie. Il a une facilité extraordinaire, et il a tellement de choses à exprimer. Tu peux pas t'opposer à ça. Ray trouve l'équilibre parfait et sait exactement où se placer dans le jeu."

Will Lee : 10 albums de basse incontournables
The Who – Meaty Beaty Big And Bouncy (1971)

"Entwistle se donnait vraiment à fond quand il jouait tous ces morceaux absolument incroyables. Je me demande même s'il savait ce qu'il faisait la plupart du temps ; on aurait dit qu'il jouait en réaction à ce qui se passait autour de lui. La musique sortait de ses pores et de sa basse de manière tellement naturelle !"

"Dès la première fois que j'ai entendu I Can't Explain, qui est sans doute ma chanson préférée des Who , j'ai été submergé d'admiration pour John Entwistle. Il maîtrise parfaitement la musique, de même que les accords surpuissants de Townshend. Il a une attitude assez animale qui t'entraîne, en quelque sorte. C'est ce genre de truc qui m'a donné l'envie de jouer du rock 'n' roll. Et avec My Generation, là c'est carrément dément. La basse est présente partout, c'est de la pure magie."

Un soir, je me suis endormi en écoutant Happy Jack qui passait et repassait sur mon lecteur. J'avais une de ces platines tournantes qui jouait les disques en boucle, tu sais ? La ligne de basse sur cette chanson te fait passer par tout un tas de phases : elle roule, elle balance du groove, elle explose. John était un peu la star sous-jacente sur beaucoup des chansons des Who. Il faisait de la bonne musique même quand il le prenait à la cool et jouait sans effort, mais quand il s'y mettait, quand il laissait son talent déborder, c'est là tu te retrouvais avec de vrais chefs-d'oeuvre. Ce qui est étonnant c'est qu'il n'ait pas ressenti le besoin de bouger sur scène. Il y avait tellement de vie dans ses morceaux, ils étaient tellement déchaînés... c'est bizarre."

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