Quand le Rock se met à l'acoustique

25th Nov 2012 | 09:31

Quand le Rock se met à l'acoustique
California Guitar Trio - Bohemian Rhapsody
Artiste originel : Queen

Comme de nombreuses reprises, ça vous ramène à l'original, en mettant en valeur les arrangements de cette superbe chanson qu’est Bohemian Rhapsody.

Mais cette version a un charme qui lui est propre - alors que l'original a bénéficié d’effets de studio et d’effets spéciaux, le Trio n’utilise que trois acoustiques, un peu d'imagination et leurs doigts particulièrement agiles qui provoquent tous chez nous la même réaction prévisible: « Ah quand même, faut vraiment que je bosse ma technique… ».

Quand le Rock se met à l'acoustique
José Feliciano - Light My Fire
Artiste originel : The Doors

Si vous voulez reprendre un morceau, demandez-vous quelle fraîcheur vous pouvez insuffler à votre reprise pour étonner vos auditeurs.

José Feliciano, un excellent interprète musical depuis des années, a été l'un des premiers guitaristes latins à rejoindre le courant musical dominant, et son interprétation de ce classique des Doors est un excellent exemple de la façon dont une reprise acoustique peut faire découvrir une chanson déjà très populaire à un tout nouveau public.

Quand le Rock se met à l'acoustique
Ray LaMontagne - Crazy
Artiste originel : Gnarls Barkley

Certaines reprises sont parfois très éloignées de la chanson d'origine, et Crazy est en quelque sorte un cas d’étude !

Certes, cet air qui rumine la mélancolie et l’amertume des paroles semblaient taillés sur mesure pour le chanteur/songwriter barbu du New Hampshire, et dans les années qui ont suivi sa sortie, cette reprise a déployé ses ailes pour finalement devenir presqu’aussi célèbre que l'originale.

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Eagles - Hotel California
Artiste originel : Eagles

Avec Glenn Frey ajoutant ce son de guitare 12 cordes si empli d’harmoniques (et avec les concerts superbes ‘Hell Freezes Over’ enregistrés sur 48 pistes en simultané), cette version de sept minutes d’Hotel California est exceptionnelle, et parvient même à surpasser l’originale.

Comme toujours, le refrain est aussi efficace qu’un crochet du droit, mais pour les monomaniaques de la 6 cordes, la vraie magie apparaît dans les dernières minutes, alors que Walsh et Felder -toujours comme dans un duel de coqs à la gratte- rejouent une fois de plus le match de leur fameux battle de guitare de 1977, cette fois en acoustique. L’aigle s’est encore envolé. Une fois de plus.

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Neil Young - My My, Hey Hey (Out Of The Blue)
Artiste originel : Neil Young

Dans les années 70, Neil Young avait l'habitude d'inclure la versions acoustique et la version électrique de la partie guitare sur la même piste de ses albums.

Cette chanson, enregistrée en 1979 sur l’album Rust Never Sleeps, est sans doute l'exemple le plus célèbre. La version électrique de la chanson Into The Black a délibérément été interprétée comme une déclaration de défi regroupant les valeurs fondamentales du rock 'n' roll, alors que la guitare acoustique qui ouvre l'album est teintée du regret douloureux de la fin d'une époque.

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Newton Faulkner - Teardrop
Artiste originel : Massive Attack

La version de Teardrop par Faulkner combine un style de jeu aux doigts avec des slaps percussifs sur le corps de sa guitare Benjamin JOM (Jumbo Orchestra Model).

« La première chose c’est que j'aime ce morceau », explique t-il. « L'autre chose que j'ai réalisée assez rapidement c’est qu'il était composé de quatre parties qui peuvent être jouées en même temps. Parce que vous avez le [riff] et la ligne de basse ainsi que le rythme et la voix. Ma version est en quelque sorte basée sur le rythme. Je joue juste la ligne de basse et les aigus. »

Quand le Rock se met à l'acoustique
Rodrigo Y Gabriela - Stairway To Heaven
Artiste originel : Led Zeppelin

Stairway to Heaven, probablement davantage que tout autre morceau issu du répertoire classique-rock, charrie une énorme attente, et c’est une très bonne chanson pour se viander lamentablement. Mais, dans le cas présent, c’est tout l’inverse et le duo mexicain l’interprète avec un caractère inimitable.

Quand le Rock se met à l'acoustique
Chris Cornell - Billie Jean
Artiste originel : Michael Jackson

La décision du chanteur de Soundgarden de reprendre la plus célèbre chanson de Mickael Jackson pour son deuxième album solo en 2007 était une décision courageuse.

La reprise sombre et très Soul de Billie Jean ouvre de nouveaux horizons. Mais avant la sortie de la version électrifiée de l'album, c’est en 2006, lors d’une session acoustique intime en Suède sur une Martin D-28, que Cornell a commencé à travailler sur cet arrangement mélancolique.

Son récent Songbook Acoustic Tour a approfondi cette reprise dénudée, et l'intimité n’a fait qu’améliorer une réinterprétation déjà profonde, enrichissant la dynamique prenante créée par le phrasé vocal et la guitare aux arpèges strum de Cornell. Ambiance ‘taverne enfumée’ garantie.

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Motörhead - Ace Of Spades
Artiste originel : Motörhead

Le remaniement acoustique de ce titre -à la fois dans le format audio de la version iTunes de The World Is Yours et dans la promo filmée dans le café d’un barman Français perplexe- est un classique.

Alors que le guitariste Phil Campbell effeuille un solo slide sur son acoustique Gibson, Lemmy abandonne sa basse Rickenbacker qui constitue sa marque de fabrique au profit d’un harmonica, et prouve par cela même que la chanson qui a donné le coup d'envoi fracassant du Heavy Metal possède une progression fermement enraciné dans le Blues.

Le plus sympa, c’est le petit côté humour noir qu’il apporte à cette version. « Je ne veux pas vivre éternellement, » aboie le chanteur avant d'ajouter dans un souffle, « mais apparemment je suis parti pour... »

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Counting Crows - Have You Seen Me Lately?
Artiste originel : Counting Crows

L'original est une tranche d’indie-rock Americain aux guitares complètement fuzzy et aux parties rythmiques au son métallique qui, par comparaison, semble un peu lente et presque fade.

Ici, cependant, le guitariste David Bryson remplace la distorsion par une partie de guitare acoustique délicate jouée aux doigts. Il est accompagné d’un piano, et le penchant du chanteur Adam Duritz pour les permutations de mélodies est payante parce qu’on obtient une chanson qui sonne plus vraie et plus vulnérable -avec un impact beaucoup plus touchant que sa version rock. Bref, c’est ce qu’on appelle une adaptation acoustique réussie !

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Ryan Adams - Wasted Years
Artiste originel : Iron Maiden

La version de Wasted Years (d’Iron Maiden) par Adams capture l’essence émotionnelle et la mélodie descendante et récurrente de l’introduction originale pour l’encadrer d’un son totalement différent grâce à ses techniques de jeu de doigts délicates (avec un motif mélodique habile joué au pouce pour maintenir l'attention).

Son respect pour la chanson originale est clair. Il ne fait pas du hors-piste avec la mélodie vocale originale et le résultat est une reprise brillante. C'est simple, honnête, respectueux, et il s’approprie réellement la chanson. Si vous voulez vous y attaquer, commencez par mettre votre capo à la 3ème case…

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Slash / Myles Kennedy - Sweet Child O' Mine
Artiste originel : Guns 'N' Roses

Les grandes chansons affichent toujours un certain degré de leur qualité intrinsèque, et ce quelle que soit la personne qui les reprend, mais cela prend une portée particulièrement majestueuse et mélancolique avec ces deux-là à la barre.

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José González - Heartbeats
Artiste originel : The Knife

« J’essaie de reprendre des chansons qui ne viennent pas forcément naturellement à l’esprit. », confiait José au magazine The Fader en 2006 concernant son choix de reprise.

Sa signature mélodique si chaleureuse tant dans ses arpèges que dans sa voix ont aussi jeté leur dévolu sur Hand On Your Heart de Kylie Minogue , Small Town Boy de Bronski Beat, Love Will Tear Us Apart de Joy Division et Teardrop de Massive Attack. Toutes plus inventives les unes que les autres.

Mais il ne fait aucun doute que ce sont ses premières reprises qui bénéficient le plus de ce jeu de cordes en nylon qui lui est propre. « Il s’agit vraiment d'écouter les chansons et de trouver l'harmonie qui les définit, » a déclaré José à TinyMixTapes sur sa manière d’élaborer ses reprises acoustiques », et ensuite de tenir le cap le plus longtemps possible. Ça demande quelques efforts... »

Quand le Rock se met à l'acoustique
John Mayer - Free Fallin'
Original version : Tom Petty

La version de John Mayer est une perle incomparable niveau sonorité. Elle est tirée d’un concert au Nokia Theater de Los Angeles en 2007. On peut la trouver sur l’album live/le DVD ‘Where The Light Is’.

Durant la première partie intimiste du concert, Mayer joue sur sa Martin signature OM-28, accompagné de l’excellent guitariste de session Robbie McIntosh jouant du slide sur un dobro, et David Ryan Harris, qui apporte un soutien encore plus acoustique.

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Foo Fighters - Everlong
Original version : Foo Fighters

On pourrait s'attendre à ce que la suppression de la sonorité des powerchords soit un peu l'équivalent sonore de la castration d’un pitbull, mais les paroles presque chuchotées de Grohl et le jeu de la guitare solo confèrent à la chanson un caractère plus vulnérable, en particulier pendant le pré-refrain et ses octaves éparses, qui est presque aussi puissant que l'arrangement du groupe au complet...

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Alice In Chains - Down In A Hole
Original version : Alice In Chains

De tous les morceaux phares que le groupe a joués ce soir-là, le plus sombre était Down In A Hole, et il était encore plus obsédant en acoustique.

Sans les couches de distorsion bien crades que l’on peut entendre sur la version originale de Dirt de 1992, les couplets et paroles nettement confessionnelles de cette chanson sur la descente aux enfers par l’addiction à la drogue apportent un autre niveau d’intensité, de beauté et de fragilité humaine mêlée à leur mélancolie.

Quand le Rock se met à l'acoustique
Stevie Ray Vaughan - Pride And Joy
Artiste originel : Stevie Ray Vaughan

Ce n'est pas exactement une performance qui manque de simplicité, avec ce format assez brut trahissant un bend légèrement faux à l’occasion. C'est après tout une 12 cordes qu’il met à l'épreuve (dans un style qui rappelle la version de ‘Hear My Train A Comin’ d’Hendrix….. à la 12-cordes !).

Pourtant, à l'époque d'or de l’esbrouffe, le blues classique de Vaughan fonctionne superbement, faisant bien ressortir le jeu sincère de ce Texan qui laisse respirer les notes et slame sur le bas du manche pour souligner ce rythme groovy.

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Eric Clapton - Layla
Artiste originel : Derek & The Dominos

La version acoustique est née alors que Clapton répétait à la maison pour son live sur ‘MTV Unplugged’ avec le guitariste rythmique Andy Fairweather-Low.

Il se rappelle clairement qu’il a ‘tout de suite eu le déclic’, même si le remaniement n’a pas été une simple affaire. Alors que la plupart des guitaristes auraient simplement joué le même arrangement, sans être branchés, Clapton a vraiment repris la chanson de zéro. Il chante une octave plus bas, passant son plan emblématique au Valium et forçant l'outro. "Pour commencer, faire une version acoustique veut dire nier les riffs qui, je pense, auraient vraiment sonner un peu pauvrez à l'acoustique », a-t-il déclaré à ce sujet. « Du coup c’est devenu naturellement plus jazzy. »

Quand le Rock se met à l'acoustique
Nirvana - All Apologies
Artiste originel : Nirvana

Les paroles révoltées de Cobain étaient souvent vagues et sujettes à interprétation (et à beaucoup de débats), mais All Apologies met en vedette certains des moments les plus lucides de Kurt, et semble tout aussi culpabilisants sur Unplugged que sur l'original.

A l’origine la dernière chanson apparaissant sur In Utero, cette dernière est peut-être celle qui contient la ligne de guitare la plus complexe qu’ait jouée Kurt lors du show en Unplugged. Le riff principal est joué par Cobain dans l'intro, puis Pat Smear prend le relais pour les couplets, permettant à Cobain de jouer une rythmique simplifiée pendant qu'il chante.

Durant l'outro, cependant, Kurt double la ligne de Pat Smear en chantant “All in all is all we are”, pendant que le violoncelle de Lori Goldston, les deux guitares, la basse et la batterie baissent progressivement le volume jusqu'à ce que l’on n’entende plus que les voix harmonisées de Cobain et de Grohl.

Lorsqu’on écoute ce live en se plaçant dans le contexte de la mort prématuré de Cobain, c’est une performance qui donne la chair de poule et qui se fait plus puissante à chaque fois qu’on le regarde. Si puissante qu’elle arrive pratiquement tout en haut de notre sélection.

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Johnny Cash - Hurt
Artiste originel : Nine Inch Nails

LAm, Do, Ré, ces accords simples plaqués sur une acoustique ne sont peut-être pas complexes, mais ils portent un grand poids.

Cash n’a pas immédiatement accroché avec la chanson Hurt, même si le thème de la dépendance qui fait toucher le fond, un problème dont Cash avait souffert et dont il avait fait l’expérience durant ses jeunes années, y est rattaché. « On cherchait une chanson qui, selon nous, avait un impact .», expliquait Cash à Lev Grossman, du Times, dans sa dernière interview.

« [Rick Rubin] m'a demandé ce que j’en pensais. Je lui ai répondu : ‘Je pense que c'est probablement la meilleure chanson anti-drogue que j'ai jamais entendue mais je ne pense pas que ce soit pour moi.’. Il m’a demandé pourquoi, et je lui ait dit: ‘Parce que c'est pas mon truc, ce n’est pas moi.’. Et il me dit : ‘Et si ça devenait toi ?’. Ce à quoi j’ai répondu: ‘Eh bien, je pourrais peut-être essayer.’. Donc, je suis sorti et je l’ai enregistrée. Quand je l'ai écoutée, j'ai senti que ça le faisait. »

C'est un réel euphémisme de la part de l’Homme en Noir, mais la magie qu’on perçoit sur l'enregistrement n’est pas sortie de nulle part : Cash a travaillé dur pour arriver à ce résultat. Et il devait habiter cette chanson avant de pouvoir se l’approprier. « Je voulais juste la chanter jusqu’à ce que je puisse l’interpréter avec assez d’émotions. », disait Cash au Time. « J'ai probablement chanté la chanson 100 fois avant d’y arriver. Je devais la faire mienne. »

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