New signe-t-il le retour de Paul McCartney au sommet de son art ?

4th Oct 2013 | 09:14

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Avant sa sortie, découvrez ce qui vous attend sur New, le nouveau disque de Paul McCartney à paraitre le 14 octobre.

Lorsque Paul McCartney sort un nouvel album, une question brûle les lèvres de tous les impatients : "Alors, ça sonne comme du Beatles ?". Il est difficile de dissimuler notre fou désir qu'il refasse un Abbey Road a lui seul. En est-il encore capable ? Oui. Aimerait-il le faire ? C'est moins sûr. Car Paul McCartney a traversé de nombreuses époques, s'est essayé dans différents styles et réitérer ses expériences passées n'aurait pas grand intérêt. McCartney ne cesse de progresser, et encore aujourd'hui, sur New, il dévoile des traits de personnalité qu'on ne pouvait soupçonner.

Alors oui, durant l'écoute, on se dit : "Et si les Bealtes avait encore été ensemble en 2013. Auraient-il encore pu être aussi inventifs qu'à l'époque ?". Mais toutes ces interrogations n'ont pas lieu d'être finalement. Car Paul McCartney, ce talentueux multiinstrumentiste continue ses pérégrinations musicales sans se soucier du style et prouve avec New qu'à 71 ans, le génie qu'il est peut toujours surprendre...

L'album s'ouvre sur le titre Save Us qui s'inscrit dans la tendance rock minimaliste bien pêchue du moment. On ne va pas jusqu'à dire que McCartney sonne comme les Black Keys, ce serait légèrement exagéré. La disto est poussée à fond, mais après quelques mesures, on reconnaît d'emblée la patte Paul McCartney avec l'utilisation massive de changement d'accords et des structures très distinctes et bien pensées. L'artiste aime toujours autant les harmonies vocales et il en use de nouveau pour créer des nappes permettant de donner du corps à cette entrée en matière très audacieuse.

La pochette de New, dernier album de Paul Mac Cartney.

L'artiste avoue que cet album est constitué de titres plutôt originaux par rapport aux titres qu'il a eu l'habitude de composer. Pourtant, dès le second morceau Alligator, son penchant acoustique et très countryside reprend le dessus. Encore une fois, le titre évolue vers d'autres ambiances. Il sait balader son auditeur au gré de ses humeurs. Le glockenspiel surmonté d'un riff très Harrison nous remémore les plus belles heures des Beatles. Ajoutez à cela deux ponts joués au synthé façon Strawberry Field, des guitares harmonisées dans la veine d'And Your Bird Can Sing. Dommage seulement que la chanson ne prenne pas une réelle envolée.

L'Epiphone 1964 Texan reprend du service sur On My Way, une chanson au texte très froid, ce qui n'est pas dans l'habitude du songwriter. La voix de Paul à elle seule suffit à porter ce titre.

Queenie Eye, annoncé comme le deuxième single de l'album, est très accrocheur. Il se décompose simplement : accords de piano joués à la croche avec les lignes de basse qui souligne la mélodie, les nombreux instruments qui se répondent et une structure qui ne cesse d'évoluer. Inutile de faire un dessin aux musiciens, mais pour les autres, cela signifie que l'on est dans la pure tradition d'écriture façon McCartney.

Le morceau qui suit nous a laissés perplexe. S'est-il laissé aller dans la simplicité de composition ? Un titre purement acoustique aurait largement fait l'affaire. Les montées dans les aigus sont poussives. Early Days est certainement le seul écart déjà pardonné de Paul sur cet album.

New est le premier single de l'album que l'on ne vous présente pas puisque vous avez bien évidemment lu l'article à ce sujet. Et puisque l'on ne change pas une équipe qui gagne, on ressort les ingrédients qui font qu'un titre de McCartney fonctionne: harmonies vocales, un afterbeat très marqué et un piano avec une descente de basse sur chaque temps de la mesure. Simple, efficace, mais seul Sir Paul McCartney est capable de faire de l'or avec ce qu'il y a de plus spontané et élémentaire.

Et là, c'est la grosse claque. On a beau connaitre la discographie des Bealtes et celle des Wings par cœur, avoir disséqué chaque seconde des albums de Fireman et de ses disques solo, regardé des milliers de vidéos YouTube... rien n'y fait. Il y a toujours un moment où l'on découvre, béat, le souffle coupé, une perle sonore, un passage extraordinaire.

Appreciate est la pépite de New. Les puristes du style McCartney s'en effraieront peut-être, mais ce morceau démontre aux plus vicieux et aux critiques que notre gaucher préféré a toujours du génie dans ses idées. L'intro d'Appreciate a des réminiscences de Depeche Mode. La programmation électro de Toby Pitman est excellente et ne masque en rien les arrangements "classiques" de Paul et de son guitariste Rusty Anderson. Giles Martin a lui aussi réalisé un coup de maitre dans son rôle de producteur. Traiter la voix d'une telle façon est un choix risqué, mais qui fonctionne au final, car elle est alors plus considérée comme un instrument à part entière. On n'entre jamais dans le cliché de ce genre, et Macca a eu le nez fin de ne pas se laisser griser par la mode du Dubstep ou autres, ce qui aurait pu nuire à la crédibilité du titre. Sa collaboration avec Sir Bob Cornelius Rifo de The Bloody Beetroots l'a vraisemblablement guidé dans cette direction. Regardez la vidéo de cette collaboration ci-dessous.

L'enchaînement avec l'hymnique Everybody Out est idéal. Paul livre, avec pugnacité, un texte épique qui sera indubitablement scandé par la foule lors de ses prochains concerts. Le riff acoustique du début de chanson intervient à plusieurs reprises dans la chanson; le gimmick reste en tête. Everybody Out est également l'un des meilleurs titres de ce disque.

Hosanna est le reflet de la curiosité musicale de McCartney. Paul y joue du Tape Loops (qui permet de générer l'effet Reverse) et Ethan John (qui produit ce titre entre autres) bat le rythme sur le Tambora, une application iPad ! Ce morceau a un côté Turin Brakes, épuré, mais avec des arrangements qui laissent suggérer l'arrivée d'autres instruments. On pourrait lui donner une fourchette et une boîte en carton, il serait capable de nous composer une symphonie. Incroyable !

Quitte à proposer des titres différents, McCartney n'hésite pas à faire un détour par les années 1980 sur I Can Bet. Imaginez un bassiste avec son instrument quasiment au niveau du coup et vous êtes dans l'ambiance. Les choix au mixage vont également dans ce sens. Un orgue Hammond au solo, en effet, ça fait 30 ans que nous n'avions pas entendu cela. I Can Bet est un titre dont on imagine facilement les Scissor Sisters effectuer une reprise. Laisser pousser vos cheveux en nuque longue ou Mullet si vous préférez et revivez le meilleur de cette période !

Les sons clairs de l'ES-335 de Rusty Anderson s'affirment plus sur Looking At Her. À la première écoute, le mélange avec la programmation de Toby Pitman peut paraitre déroutant. Mais au final, Looking At Her est une très jolie chanson que l'on pourrait qualifier d'Electronic Flower Power. On peut enfin revivre notre Summer Of Love 2.0 !

L'album se termine sur Road, le genre de chanson dont ne peut pas dire grand-chose. Elle n'est ni mauvaise, ni bonne. C'est la chanson qui, lors d'un concert, vous fait patienter avant qu'explose le fameux tube de l'artiste ou la chanson qui sort vraiment du lot. Le propos est vérifiable et vérifié puisqu'à la fin de ce titre se trouve un morceau caché où l'on retrouve McCartney en piano/voix. Il excelle dans cette configuration, c'est un fait. Pourquoi avoir attendu la fin de l'album pour nous offrir la chanson que tout le monde attendait ?

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