Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles

29th Oct 2011 | 20:30

Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Paul McCartney nous livre ses 12 performances de basse préférées au sein des Beatles
John Lennon et Ringo Starr s'intéressent à la petite leçon donnée par Paul McCartney à Ed Sullivan, 1964

On vit dans un drôle de monde si même Paul McCartney ne peut obtenir le respect qu’il mérite ! D’accord, il a eu un rôle instrumental au sein du meilleur groupe d’auteurs-compositeurs qui ait jamais existé. Et d’accord aussi, sa petite équipe, Les Beatles, a métamorphosé la face de la musique populaire et, en plus d’être idolâtrée, est devenue le plus gros vendeur de disques depuis l’invention du phonographe. Oh! Et puis Mc Cartney a raflé pratiquement toutes les récompenses possibles et imaginables sans même avoir à gagner la guerre à lui tout seul. En résumé, il ne lui reste pas grand-chose à faire.

Mais bon, hein, et son jeu de basse génial, alors ? Qui en parle ? Hein ? En vérité, beaucoup de gens en parlent – et en parle depuis pratiquement 50 ans, en fait depuis que les Beatles sont devenus une force culturelle inégalée. C’est juste que, comparée à sa myriade d’autres talents et succès, l’importance de Paul McCartney en tant que bassiste peut facilement passer à la trappe, et c’est un tort.

Ce qui est intéressant, c’est qu’en fait McCartney n’était pas parti pour devenir bassiste. Il s’est mis à la basse en 1961, avec une certaine réticence, quand le premier ‘vrai’ bassiste des Beatles, Stu Stutcliffe, le pote de fac de Lennon, décida de quitter le groupe et de rester à Hambourg, en Allemagne, où le groupe avait donné une série de concerts vraiment crevants.

En très peu de temps, Paul s’est avéré être extrêmement à l’aise à la basse, se transformant, de même que les Beatles, en innovateur et créateur de tendances à la mode. La seule image de Paul McCartney avec sa basse Hofner 500/1 en forme de violon restera toujours ancrée dans la mémoire des amoureux de la musique aux quatre coins du monde ; en fait, la Hofner a été couramment rebaptisée « la basse des Beatles ».

Sur le plan technique, McCartney fait partie d’une classe à part : il sait jouer de la guitare, du piano, de la batterie, du violon, du saxo, des cuillères, de la planche à laver, de la clôture électrique, de l’ampoule électrique, du poivron rouge et de tout ce que vous lui mettrez entre les mains, sans autre forme de procès ! Mais c’est son jeu de basse qu’on célèbre ici, et dans les pages suivantes, on vous révèlera pourquoi c’est un vrai génie.

Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
All My Loving (1963)
George Harrison et Paul McCartney répètent à Miami, Floride

Réalisant sans tarder que les huitièmes de notes saturées du rock ’n’ roll standard ne produiraient pas l’effet escompté pour le style vibrant auquel il aspirait, McCartney décida de jouer en walking en faisant durer les notes deux fois plus longtemps pour apporter un coup de fouet qui amenait vraiment quelque chose de neuf.

Son choix de notes, tout comme ses nuances, sont proches du R&B et du jazz, un contrepoint parfait pour les patterns de guitare turbulents et les cymbales charlestone tremblotantes de Ringo Starr.

Peut-être encore plus impressionnant que son jeu intuitif (ses approches mouvantes lors des refrains puis de nouveau dans les solos de guitare), c’est que Paul McCartney pouvait absolument tout faire –et peut encore tout faire aujourd’hui- tout en étant le chanteur lead… et sans même regarder ses doigts quand il joue ! Allez-y, tentez le coup !

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Tell Me Why (1964)
La scène de concert de A Hard Day's Night

Le jeu de batterie éblouissant de Ringo Starr est le moteur de ce morceau incroyable, plein d’effervescence, extrait de A Hard Day’s Night, mais le jeu de basse de Paul McCartney, une variation du pattern en walking de All My Loving, est un vrai hit sophistiqué.

Dans les couplets, McCartney colle de plus près aux notes fondamentales, lâchant légèrement du lest pour se positionner derrière les guitares rythmiques, mais se manifeste de nouveau allègrement lors des refrains, en s’appuyant avec éclat sur l’entrechoc génial des cymbales de Starr.

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Eight Days A Week (1964)
McCartney et Lennon en compagnie de deux des instruments avec lesquels ils seront associés

C’est sur l’un des tubes les plus pop des Beatles, et un des plus légers, voire des plus aériens, sur lequel McCartney a commencé à affirmer son jeu de basse de manière plus profonde.

Au milieu des guitares électriques et acoustiques, et de ces claquements de mains ô combien importants, le jeu de basse a de l’envergure et ne manque pas de caractère. McCartney, qui a grandi au son du skiffle et des débuts d’Elvis Presley, obtient de sa Hofner un son proche de celui de la double-basse.

Son utilisation de l’espace a nettement évolué dans cette chanson : on y retrouve l’influence de la Motown à la manière dont il roule ses notes lors des couplets.

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Nowhere Man (1965)
Concert au Circus Krone-Bau de Munich, Allemagne

A cette époque-là, Paul McCartney avait commencé à utiliser une Rickenbacker 4001S pour gaucher (bien qu’il se servait toujours de sa Hofner) dont l’échelle de longueur plus importante apportait plus de sustain et une gamme de sons plus large.

Sur Nowhere Man, on dirait que Paul utilise sa Rickenbacker. En se mesurant aux guitares aiguës, aux sons tintants, et aux battements dynamiques de Ringo, la basse sonne particulièrement dans les médiums, avec moins de basses que la Hofner.

Sur le plan musical, la performance de Paul McCartney revendique une sorte d’indépendance par rapport au reste de la chanson : elle glisse et danse çà et là, à son gré. Mais face aux paroles poignantes de John Lennon, la basse de McCartney semble raconter et adopter l’essence de cette cette même histoire en un écho finement nostalgique et mélancolique.

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Michelle (1965)
Sur le plateau de Help avec le directeur Richard Lester

Les premiers enregistrements de basse de Paul McCartney étaient notoires pour leur énergie et leur exubérance, mais avec sa Rubber Soul au son profondément acoustique, et en particulier sur sa chanson romantique Michelle (écrite dans le but de pouvoir imiter le style fingerpicking de Chet Atkin), Paul a créé un morceau de musique qui nous prend aux tripes d’une manière merveilleusement nuancée et stylée.

Ce qui est remarquable, c’est que cette ligne de basse veloutée et soyeuse, qui fait office de contrepoint poétique face aux accords de guitare rebondissant légèrement contre les charleston et les baguettes de Ringo, a été imaginée en studio, et sur le tas, comme par magie ! « Je n’aurais jamais joué Michelle sur une basse jusqu’au moment où j’ai dû enregistrer la ligne de basse», confiait Paul McCartney au magazine Bass Player en 1995. « La basse n’est pas un instrument qui se joue assis en chantant. »

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Paperback Writer (1966)
Paul survolte Philadelphie à l'occasion de l'un des derniers concerts des Beatles en 1966

Ce qui est plutôt étrange, c’est que c’est John Lennon tenait à un son de basse dynamique pour Paperback Writer. Il avait entendu une chanson de Wilson Pickett et avait été épaté par le punch de ses basses. En réponse à ce challenge, et afin d’obtenir un son de basse super puissant et de faire le bonheur de John Lennon (et le nôtre), l’ingé’ son, Geoff Emerick, fraîchement installé dans son métier, mit au point un de ses premiers systèmes novateurs en utilisant un haut-parleur à la place d’un micro, et le tour fut joué.

Le jeu de Paul, évidemment, règne sur toute la chanson. Avec l’impact de la guitare audacieuse de George Harrison qui mène le jeu, Paul s’échappe et s’adonne à une série de vire-voltes d’une vitesse vertigineuse, reprenant sa respiration par moments pour recommencer plongeons et virages en épingle des plus inattendus.

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Rain (1966)
A Memphis, Tennessee, en 1966

Si le mépris nasillard de la voix de John Lennon et le son du tambourinage métallique de la batterie de Ringo Starr n’étaient pas suffisants pour déconcerter les gens (« Est-ce que ce sont vraiment les Beatles ?!), la basse monstrueuse de Paul McCartney sur Rain a certainement fait une sacrée impression.

Durant cette période, Paul a quelquefois utilisé son capodastre avec sa Rickenbacker, et certains ont pensé que c’était le cas sur Rain. Nombre de ses patterns souples centrés sur octaves sonnent comme s’ils étaient joués sur le haut du manche. Comme il l’avait déjà fait sur d’autres chansons des Beatles, il a joué une contre mélodie pour le riff de guitare, son propre sous-texte en quelque sorte, bien que cette fois, elle ait excellé sur tout le morceau.

Le jeu d’intéraction entre Paul et Ringo, à la 2 :28 minute, un peu avant la grande envolée, est tout aussi époustouflant qu’il l’était en 1966.

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Taxman (1966)
Les Beatles en Allemagne, 1966

Les lecteurs de MusicRadar ont élu Taxman13ème meilleure ligne de basse de tous les temps, et ce avec de bonnes raisons : c’est la partie musicale la plus accrocheuse d’une chanson qui nous accroche sur tout le long.

Ce morceau de réflexion sociale mordante, tout droit issue de la plume de George Harrison, fut la première composition de classe majeure de George (il obtint la place de choix sur l’album mythique des Beatles, Revolver), mais il n’aurait aucun lieu d’exister sans le riff de basse élastique et mémorable de Paul McCartney.

Et voilà maintenant Paul jouant son solo de guitare psychédélique d’avant-garde, complètement dingue (rejoué à la fin) ! Pas trop mal, hein ?

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Getting Better (1967)
Les Beatles dans leurs plus beaux atours du Summer Of Love en 1967

On pourrait facilement faire valoir que la quasi-totalité de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band mérite d’être considérée comme « la meilleure » performance de basse. Les Beatles, sous la houlette de Paul McCartney, ont inauguré un nouveau royaume de songwriting et de production esthétique, transformant à jamais le concept de l’enregistrement d’album en une expérience novatrice, le tout se reflétant dans les nouveaux niveaux de maestria musicale atteinte par le groupe.

Getting Better, pour la majeure partie écrite par Paul McCartney, représente bien sa percée en tant que bassiste en 1967. Avec cette chanson, sur laquelle il a pu expérimenter les overdubs à loisir (les Studios EMI en étaient arrivés à quatre pistes), Paul nous balance un rythme vif, plein d’élan, renforçant les effets de la caisse claire et se lâchant sur des slides très efficaces.

Plein d’humour, insouciant, enjoué et lumineux – comme ce Summer Of Love auquel Sgt. Pepper a contribué à donner vie.

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Everybody's Got Something To Hide Except Me And My Monkey (1968)
Lennon et McCartney avec Yoko Ono (à gauche) : la tension s'installe

Le double album des Beatles de 1968 (que l’on connaît d’avantage sous le nom de White Album) a provoqué des différends entre les membres du groupe, qui s’embrouillaient continuellement à cette époque sur tout et n’importe quoi, que ce soit à propos d’histoires de nanas ou de leurs préférences respectives pour les petits biscuits d’accompagnement du sacro-saint thé de 5 heures. Geoff Emerick se tira (mais il revint pour Abbey Road), et même Ringo se casse l’espace de quelques jours à l’époque.

Malgré cette ambiance cahotique, la morceaux de ces deux disques sont parmi les meilleurs des Beatles. Lennon, avec Everybody’s Got Something To Hide, obtint gain de cause, à son grand bonheur, avec structure et méticulosité, mais McCartney, quant à lui, plongea sans hésiter là dedans pour groover comme un fou, jouant des fondamentales et des cinquièmes, et caracolant sur chacune des acrobaties fantasques de Lennon.

C’est le pied d’entendre McCartney imposer les huitièmes notes du refrain, mais sa meilleure partie s’exprime lors du break après le passage « C’mon, c’mon, c’mon », lorsqu’il envoie cette ligne qui aboutit tout droit à cette guitare extraordinaire !

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
While My Guitar Gently Weeps (1968)
Lennon et McCartney annoncent la naissance d'Apple Corps, 1968

Avec Eric Clapton à la guitare lead, les Beatles emuté de la présence de John Lennon enregistrent ce qui était à l’époque le premier effort de composition de George Harrison. Paul McCartney se mit au piano durant l’enregistrement initial et sacrifia sa basse au profit de la partie overdub.

Si vous avez jamais eu l’ombre d’un doute sur la place de McCartney en tant que musicien incontournable, ces doutes seront aussitôt abandonnés en écoutant son jeu plein d’audace sur cette chanson. Ses lignes y sont en grande partie simples et nettes, sans pour autant manquer d’une grosse dose d’émotion.

McCartney, qui seconde la rythmique concise, brusque, laconique des guitares acoustiques d’Harrison lors des couplets et du refrain, a choisi un pattern économe dans les aigus, doux et confusément joyeux. Après ça, il rebalance du lourd.

Un chef-d’œuvre d’art musical qui sied à cette chanson classique.

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Les 12 meilleures performances basse de McCartney au sein des Beatles
Come Together (1969)
Les Beatles marchent vers le succès… sur un panneau d'affichage de Sunset Boulevard

Il se pourrait bien que John Lennon ait piqué le You Can’t Catch Me, de Chuck Berry, sur ce morceau de rock ‘n’ roll bourbeux et bluesy, mais le jeu de basse de Paul McCartney –sinistre, sinueux, lancinant et superbe- ne pourrait être plus original.

Déçu que Lennon ne l’ait pas laissé chanté avec lui en studio (bien qu’il ait quand-même enregistré un overdub vocal), McCartney se résigna, mais s’assura néanmoins que ses autres contributions aient le poids du succès, allant jusqu’à écrire la partie piano électrique qui sera en fait jouée par John.

Le jeu de Paul sur la quatre cordes est aussi exaltant qu’à l’accoutumée, permettant de créer cet instant de magie mystique et impavide propre à Come Together.

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