John Rzeznik nous parle de Magnetic le nouvel album des Goo Goo Dolls

5th Apr 2013 | 12:05

John Rzeznik nous parle de Magnetic le nouvel album des Goo Goo Dolls
John Rzeznik, des Goo Goo Dolls, nous parle de l'enregistrement de leur nouvel album, Magnetic
Le chanteur-compositeur-guitariste décortique six chansons des Goo Goo Dolls

Pour la conception de leur dernier album, Magnetic, les Goo Goo Dolls ont essayé une approche que leur leader, John Rzeznik, a baptisée 'approche faite main' et qu'ils ont appliquée à chaque chanson. "On en écrivait une, on l'enregistrait, on la finalisait, puis on passait à autre chose", nous explique-t-il. "Normalement, on travaille sur les différentes parties d'un ensemble de morceaux en même temps. De cette façon, on a toujours eu l'impression qu'on atteignait un résultat, sans la pression habituelle."

Cette méthode d'enregistrement vient du fait que le groupe (également constitué du bassiste et vocaliste Robby Takac et du batteur Mike Malinin) a fait appel à la collaboration de plusieurs producteurs : Gregg Wattenberg, John Shanks, Rob Cavallo et Greg Wells, et qu'il a dû se déplacer dans plusieurs villes différentes, et sur une période de pratiquement un an, pour accompagner ses chansons.

"Pour le disque précédent, on avait toujours les mêmes personnes enfermées dans le même studio pour une période qui paraissait interminable", nous confie Rzeznik. "Tout le monde était crevé et grincheux, et ça devenait de moins en moins fun. Du coup, cette fois, j’ai collaboré avec Gregg sur certaines chansons, avec John sur d’autres ; j’ai travaillé avec Rob sur d’autres encore. Ça c’était fun. Se déplacer et travailler avec des gars différents nous a permis d’insuffler du sang neuf dans le studio à chaque fois. Chaque jour était un nouveau jour, avec ses nouvelles perspectives."

Au cours de leur carrière, les Goo Goo Dolls ont produit plusieurs hits radio (notamment les célèbres Name et Iris, le dernier ayant été numéro 1 au Top 200 du Billboard / Hit Parade américain) et ont vendu plus de 10 millions d’albums. Rzeznik dit qu’il essaie de ne pas penser au classement musical pendant les enregistrements, mais il avoue que ce n’est pas facile. "Le succès peut vous parasiter la tête, mais il faut savoir se concentrer sur l’instant présent", dit-il. "Il faut savoir garder un sens de la perspective. J’ai dû plusieurs fois me dire ‘Ce que j’ai fait auparavant ne doit pas m’influencer. Cet album sera ce qu’il sera.’ Je voulais que ce disque soit une célébration, et pour pouvoir reproduire et capturer ce feeling, il fallait aussi que je prenne mon pied. C’était ça qui comptait le plus : s’éclater."

Le son qui prédomine sur les 11 morceaux de Magnetic, confiant et enjoué à la fois, fait pressentir de longues années de succès à venir pour le groupe. Pourtant, l’attitude de Rzeznik concernant les sessions de composition et d’enregistrement pourrait laisser penser que ce sont ses dernières. "Qui sait ? Je n’aurai peut-être pas la chance de faire un autre album", dit-il en insistant. "Et si c’est le dernier album qu’il m’est donné de créer, il se doit d’être le meilleur possible. C’est un honneur et un privilège de créer et de pouvoir faire de la création son gagne-pain quotidien. Croyez-moi, je suis extrêmement reconnaissant de toutes ces opportunités !"

L’album Magnetic de Goo Goo Dolls sortira le 11 juin (vous pouvez le précommander ici). Dans les pages suivantes, Rzeznik parle de la composition et de l’enregistrement d’une sélection de six chansons.

John Rzeznik nous parle de Magnetic le nouvel album des Goo Goo Dolls
Rebel Beat
Goo Goo Dolls, 2013. (de gauche à droite) Robby Takac, Mike Malinin et Rzeznik

"J’ai commencé à jouer cette chanson sur une vieille acoustique Gibson Hummingbird. Cette guitare sonne vraiment superbe. Tu joues trois accords avec, et tu obtiens tout de suite le son d’une chanson de Led Zeppelin."

"Je trafiquais avec la partie guitare, les paroles et la partie batterie qu’on avait au programme. C’est marrant de constater que des trucs du style de la boîte à rythmes 808 existent depuis que je suis ado et sont de nouveau en vogue aujourd’hui ! Tout en produisant la chanson, Gregg Wattenberd a décidé de la mettre un peu plus au goût du jour et de lui apporter une sonorité nouvelle. Du coup, il y a une bonne combinaison de grains sur celle-là."

"Pour ce qui est des paroles, mon inspiration est venue en grande partie de mes balades dans New York. Il y a une toute petite rue dans un quartier perdu de China Town. Quand j’y suis passé, j’ai vu qu’il y avait une grosse soirée qui battait son plein. Je sais pas quelle était l’occasion, mais je me suis dit ‘Waou ! J’aimerais bien y être !’. Ça m’a mis le sourire aux lèvres juste de voir l’énergie qui ressortait de tous ces gens. Je suis arrivé au studio avec ça en tête, et c’est de là qu’on a écrit la chanson."

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When The World Breaks Your Heart

"J’ai la quarantaine maintenant, et je rencontre régulièrement des gens qui en sont à leur deuxième mariage ou des choses comme ça. Un des thèmes de cet album, c’est que ce n’est pas parce que vous prenez de l’âge que vous ne pouvez plus rencontrer le grand amour. Ça n’est pas l’exclusivité des jeunes. L’amour entre deux personnes qui recommencent leur vie ensemble peut être incroyablement profond."

"Pour la partie orchestrale du chorus, Gregg Wattenberg et moi, on trafiquait avec la section cordes du synthé. J’ai trouvé l’air pour cette chanson et il m’a dit ‘Hey ! Ça ressemble un peu à de l’Elton John !’. De là, il a suggéré qu’on contacte Paul Buckmaster, le gars qui fait tous les arrangements de section cordes pour les disques d’Elton. C’est génial qu’on ait pu l’avoir. [Rires] Ce gars a une force ! Il a un talent incroyable."

"Je me rappelle avoir été assis dans le studio à regarder Paul et son ingé’ son, et je me disais ‘Ces gars sont vraiment des bons et ils sont réglo.’ [Rires] La manière que Paul avait de parler aux musiciens était tout à fait géniale. Tout au long, je me suis dit ‘Ecoute bien ce qu’il se passe. Peut-être que tu peux apprendre quelque-chose, là.’"

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Caught In The Storm

"Là c’est John Shanks et moi. Sur le plan des paroles, il y a un côté un peu Springsteen, mais la musique est plutôt de style pop. On a réussi à conserver les guitares acoustiques et à donner ce sentiment que c’est une chanson tous publics."

"On a commencé à expérimenter avec les claviers et à s’amuser, ce qui est le meilleur moyen de travailler. On ne s’est pas assis dans l’idée de conceptualiser ; on a juste créé la chanson et pris des risques. John travaille sacrément dur et a énormément de talent. Il donne vraiment tout ce qu’il a dans ses chansons."

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Come To Me

"Je me marie en juillet, du coup, encore une fois, je parle de ceux qui refont leur vie, qui croient encore à l’amour. C’est un peu comme une demande en mariage en chanson."

"On s’est retrouvés, avec Gregg Wattenberg, et on a créé cette chanson pratiquement en un tour de main. Les paroles me sont vraiment venues vite. On a trafiqué pas mal avec le chant, mais l’idée c’était de limiter le côté instrumental et de ne pas se retrouver avec toute une sélection de guitares, bien qu’il y en ai quand-même quelques-unes. Il y a de la batterie, de la basse, des claviers, des guitares, des dulcimers et d’autres bricoles. J’ai joué avec une Taylor et la Gibson Hummingbird sur cette chanson, en les combinant ensemble."

"Tout le reste c’est des parties vocales. On a vraiment créé beaucoup d’harmonies et c’était vraiment fun. Gregg a un super talent pour ça. Ça sonne vraiment incroyablement bien. Même en regroupant toutes les parties vocales ensemble, un peu comme si c’était un mur faits de chants, il y a encore plein d’espace pour respirer dans la chanson."

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More Of You

"C’est très électronique, mais la chanson est en fait née d’un gros délire à mandoline et à la guitare acoustique entre John et moi. Ça ne se ressent pas forcément en l’écoutant. C’est John Shanks qui a suggéré qu’on s’amuse un peu avec du matos électronique. Au départ, j’étais du style ‘T’es sûr ?’. Je n’étais pas sûr que ça aurait l’effet escompté."

"Après, je me suis dit ‘Tu sais, en fait, les gens vont soit aimer, soit on va se faire descendre. Alors, on s’en fout.’. Du coup, on a décidé de faire ce qu’on avait envie de faire. On a joué la chanson aux gars de la maison de disques, et ça leur a plu. Donc voilà ! Soit les gens vont aimer, soit je vais me faire tuer. En fait, ça sera sans doute un peu des deux."

"J’ai grandi avec la musique électronique. Dépêche Mode et des gars comme Brian Eno et Gary Numan. Même des groupes comme U2 utilisent pas mal de traitements au clavier et des boucles, même si leurs albums sont surtout bâtis sur la guitare. Ça c’est le genre de trucs que j’ai entendu et que j’ai vu venir."

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Bulletproofangel

"Je l’ai écrite avec mon pote Andy Stochansky. On s’est retrouvés dans mon garage et on a joué du piano ensemble. Une fois qu’on a obtenu ce qu’on voulait, j’ai improvisé du chant libre en balançant des mélodies au micro. Y’a une phrase qui est sortie, comme ça ‘Hey, what’s that mean? What are we talking about? I don’t know...’ Et c’est parti de là."

"On a inventé une histoire sur une femme. Elle existe ? Est-ce que c’est un rêve ? Qu’est-ce qu’elle est ? Qu’est-ce qu’elle dit ? Et ce gars voit un peu d’espoir en elle. Qu’elle soit réelle ou qu’elle ne soit que le produit de son imagination, elle représente un moyen de trouver un peu de paix."

"J’ai une pièce qui est un peu ma tanière. C’est juste une petite chambre au dessus d’un petit garage. J’y ai un vieux rig Pro tools et pas grand-chose d’autre. Deux guitares, un clavier, un micro et le rig Pro Tools. Il n’y a même pas d’ampli dans le coin. Avant, il y avait un tas de matos pour enregistrer et tout un tas de trucs vintage, mais je m’en suis débarrassé. C’était chiant et je ne l’utilisais pas."

"Le fait d’avoir moins de matos autour de moi me pousse à me concentrer sur la composition plutôt que sur la production. Je n’essaie plus de me produire moi-même sur une chanson médiocre. Je suis concentré à mort parce que je n’ai pas toutes ces options. Du coup, faut que la chanson soit bonne. Quelqu’un d’autre peut s’occuper de la production."

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