5 albums que John Petrucci n'a pas honte d'écouter

18th Nov 2013 | 15:07

5 albums que John Petrucci n'a pas honte d'écouter
John Petrucci des Dream Theater: le top 5 de mes plaisirs assumés

Depuis maintenant près de trente ans, John Petrucci ne cesse de se surpasser. Ses licks et ses solos euphoriques, tout imprégnés de métal continuent de remettre gentiment à leur place les hordes de guitaristes qui se sentent quelques talents pour la guitare. À chaque sortie d'un titre des Dream Theater, Petrucci remonte la barre toujours plus haut. Son jeu, qu'il exécute avec cet esprit créatif débridé qui lui est propre, est d'une rapidité féroce et d'une précision à toute épreuve. Il a hissé la norme du shred guitar à un niveau inégalé de prouesse (et de vitesse), le tout délivré avec un flegme déroutant.

De la part d'un tel géant de la guitare, qui a tant de fois remis en question les règles du jeu, on s'attend à le voir se nourrir de shred du matin au soir. "Evidemment, j'adore ça et c'est une manière de jouer qui me pousse toujours plus loin, affirme-t-il, mais en tant que guitariste, je suis fasciné par toute sorte de bons joueurs. Et en tant que musicien et fan de musique, je ne fais pas de distinction entre les styles. Il y a trop de bonnes choses produites dans tous les genres de musique. On risque toujours de passer à côté de quelque chose de génial."

Du point de vue de la composition, Petrucci affirme qu'il pique ses idées un peu partout : "Mes influences ne sont pas essentiellement prog ou métal, commente-t-il, La plupart de mon travail de composition se fait au niveau de l'inconsient. Souvent, lorsque je compose, j'ai du mal à remonter jusqu'à la source de mes influences. Et si parfois, j'y réussis, je reste toujours surpris par la bizarrerie de la réponse !"

De temps en temps, (et si on a de la chance) on trouve un guitariste qui sera prêt à admettre qu'il lui arrive de se laisser aller sur le rythme d'un morceau qui ne tape pas tout à fait dans ses cordes : "Il y a toujours un moment où je me surprends à gesticuler au rythme d'un truc que je ne m'attends pas à apprécier. Alors, je me dis que si j'aime ça, c'est qu'il doit y avoir quelque chose. C'est fascinant, cette manière qu'à la musique de pénétrer le cerveau sans autorisation. C'est un mystère, vraiment !"

Dans les pages qui suivent, Petrucci commente la liste de ses 5 morceaux de prédiction. Attendez-vous à tout ! Du morceau résolument 'non shred' du maître de la harpe new age, Andreas Vollenweider à la pop de Billy Joel dans un style de Brill Building : "J'ai grandi à Long Island, là-bas, les albums de Billy Joel inondent la place. Un album de Billy Joel, c'est comme le permis de conduire, tout le monde en a un, dit-il en riant, j'approuve !"

5 albums que John Petrucci n'a pas honte d'écouter
Andreas Vollenweider – Down To The Moon (1986)

"Andreas Vollenweider est un harpiste capable de créer des atmosphères planantes. La musique new age est vraiment fabuleuse. Je me suis procuré cet album, il y a un bout de temps déjà. Je me le passe pour me relaxer et me retrancher du monde, en mode détente.

C'est le genre d'album que je nomme souvent comme ayant, peut-être indirectement, influencé mon style d'écriture. Je pense que cette affirmation va en surprendre quelques uns. Mais, si l'on pense vraiment à ce que je fais, il y a beaucoup de notes avec de nombreux changements de mesures, des shreds etc. Mais ce qui m'attire avant tout dans la musique d'Andrea Vollenweider, c'est tout simplement sa beauté et son côté planant. Certains bouts de mes compos s'en vont parfois dans cette direction."

5 albums que John Petrucci n'a pas honte d'écouter
Keane – Hopes And Fears (2004)

"Ici, on a l'exemple d'un album qui ne contient aucune guitare. La première fois que je l'ai entendu, il y a quelque chose qui a attiré mon oreille. Il y a pourtant tellement de musique disponible maintenant. Elle est partout : radio, online, satellite radio. Mais cela vous prend toujours par surprise, un petit quelque chose qui vous intrigue. Avec cet album, c'est simple, je suis tombé amoureux.

La composition est splendide. Le son de ce groupe est très cool. Quant à la voix du chanteur, elle est unique et authentique. Je me passe cet album de temps en temps pour m'y plonger un moment. Je crois que la première fois que je l'ai entendu, j'étais sur la route, en tournée. Je crois bien que c'est James [Labrie] qui me l'a fait écouter. Dès la première seconde, j'ai été transporté. J'ai dû dire quelque chose comme "Wow, c'est génial, ce truc !"

5 albums que John Petrucci n'a pas honte d'écouter
John Scofield – Blue Matter (1987)

"C'est un album vraiment incroyable. À chaque interview que je donne pour les magazines de guitare, je mentionne comme l'une de mes principales influences des gens comme Steve Morse, Alex Lifeson, Al Di Meola mais j'oublie systématiquement de nommer Scofield. C'est étrange car je pense vraiment qu'il est admirable. Il est le meilleur exemple du guitariste cool.

Il possède un tas de qualités incroyables. Son feeling, son phrasé, son attitude. Il est créatif avec un goût sûr. Je me rappelle, beaucoup de mes potes qui étaient dans la musique rock ou le jazz, l'écoutait tout le temps. Il faisait aussi parti de mes musiciens préférés.

Dennis Chamber joue de la batterie sur Blue Matter et je suis un grand fan de son travail qu rend l'album de Scofield encore plus appréciable. Je l'ai vu jouer une fois avec Allan Holdsworth et mes yeux n'étaient fixés que sur Dennis.

C'est un album génial pour quiconque veut comprendre sa musique."

5 albums que John Petrucci n'a pas honte d'écouter
Sleepytime Gorilla Museum – Grand Opening And Closing (2001)

"C'est un album plus récent. C'est Tony Levin qui me l'a fait connaître. D'une certaine manière, personne ne sera surpris que je les apprécie parce qu'ils sont dans la veine du métal progressif. Ils explorent de nouvelles directions, c'est véritablement l'avant garde du métal. Ils foutent presque les jetons par moment... Ils font des trucs complètement bizarres, déjantés. [rires]

"Ils fabriquent leurs instruments eux-mêmes et s'éclatent dessus. Ça fait un peu flipper surtout si vous les écoutez la nuit. D'ailleurs, ce sont sans doute les meilleures conditions. [rires] Quand tu es vraiment dans un certain état mental, ça marche à fond. On peut trouver des éléments de Primus mais bien, bien plus dingue."

5 albums que John Petrucci n'a pas honte d'écouter
Billy Joel – Turnstiles (1976)

"C'est parce que je viens de Long Island, c'est ça ? [rires] Je ne suis pas sûr que les gens en soient bien conscient mais je suis un fan de Billy Joel, et depuis toujours. Il est le chroniqueur de notre époque. Il a tant de chansons et d'albums qui sont de véritables classiques de la pop.

Turnstiles contient de nombreuses chansons qui sont parmi mes préférées. Bien sûr, il y a New York State Of Mind mais il y a aussi Loved These Days et Miami 2017. Elles sont prodigieuses. Tout le monde les a entendu. Elles sont toujours incroyables, à chaque fois qu'elles passent. C'est un vrai plaisir de jouer par dessus.

Notez que l'enregistrement inclut la participation d'un très grand copain RIchie Cannata au saxo. Richie est propriétaire de Cove City Sound Studios qui se trouve être l'endroit où nous avons enregistrer plusieurs fois. C'est un très bon saxophoniste. C'est marrant parce que je lui parle très régulièrement et au même moment j'entends ses solos qui sont des classiques, à la radio. Et je me dis : "Wow, je connais ce mec !"

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