Russ Kunkel, le producteur et batteur de studio légendaire révèle les 13 albums qui ont défini sa carrière

11th Apr 2014 | 12:30

Russ Kunkel, le producteur et batteur de studio légendaire révèle les 13 albums qui ont défini sa carrière
Russ Kunkel, le batteur de studio et producteur légendaire révèle les 13 albums qui ont définis sa carrière

En 1970, alors qu'il se préparait à jouer sur un album de Carole King, jeune chanteuse/compositrice à l'époque, Russ Kunkel demande une copie des paroles. "Je voulais voir les paroles parce que je tenais absolument à savoir ce que les chansons racontaient."explique-t-il.

Une demande pourtant simple, mais qui fit une impression sur la chanteuse et initia une longue association entre les deux artistes, notamment avec leur travail sur Tapestry, l'album référence de Carole King. Leur association se poursuivit sur de longues années par un travail sur scène et en studio.

Kunkel raconte : "Carole disait que j'étais un batteur pour les chanteurs/compositeurs. C'est elle qui le disait, pas moi !" Lorsqu'on l'interroge sur son travail en studio, il répond : "C'est comme si je pouvais jouer sur tous les aspects d'un morceau. Je ne me concentre pas seulement sur les grooves, j'ai aussi une approche qui ressemble à celle du compositeur."

Les années 1970 et 1980

Durant les années 1970 et jusqu'au début des années 1980, Kunkel était au centre d'un petit groupe de joueurs brillants. Parmi eux, les guitaristes Danny Kortchmar et Robert Watchel 'Waddy', le bassiste Leland Sklar et le claviériste Craig Doerge. Ils participèrent à l'élaboration de nombreux chefs-d'oeuvre de soft rock, inventés par toute une génération d'artistes exceptionnels, parmi eux : BB King, James Taylor, James Browne, Warren Zevon et bien d'autres noms encore.

Les sorties, à un an près, de Sweet Baby James de Taylor et de Tapestry de Carole King amorça une approche plus introspective du rock. Les hits s'empilaient, les studios bourdonnaient et les musiciens étaient surbookés.

"C'était une époque incroyable ! J'ai eu la chance de me trouver au bon endroit. C'était comme si j'étais quelque part, au calme, au milieu de la tempête" explique Kunkel. "Je n'aurais jamais pu imaginer un tel succès pour James Taylor. Ma participation sur le titre Sweet Baby James a eu aussi un effet par ricochet que je n'avais pas prévu. J'étais très heureux de pouvoir faire ce que j'aimais. Mais, je ne le savais pas. Et c'est aussi bien parce que ça m'aurait sans doute déconcentré !"

Des liens étroits

Kunkel était très proche de ses copains de studio, Kortchmar, Sklar et Doerge au point de décider en 1971 de former un groupe, The Section. Le quatuor prit la route au milieu des années 1970 et enregistra même deux albums. Kunkel explique que le dialogue musical que The Section tenait en privé nourrissait leur travail avec leurs copains superstars.

"Jouer tous les quatre pour James, Linda ou Jackson était une expérience différente du jeu que nous avions entre nous" raconte-t-il. "Mais nous étions très conscients de l'espace de chacun et comment mettre en valeur le jeu des autres. Ce genre d'environnement musical facilitait l'introduction des guitares et des pianos pour Jackson, par exemple. La partie rythmique s'organisait autour de lui. Le même principe s'appliquait à James. Nous avions passé assez de temps à le faire ensemble ; tout nous venait naturellement."

Au milieu des années 1980, Kunkel étend sa carrière dans la production, aux commandes des sessions d'enregistrements d'artistes tels que Jimmy Buffett, Dan Fogelberg, Carly Simon et le groupe Dereck Trucks Band. Il reconnait l'énorme influence qu'a eu Peter Asher, manager de James Taylor et Linda Ronstadt sur lui. "Peter m'a donné la chance d'être en contact avec des horizons musicaux de toutes sortes", se souvient-il, "Il est un grand ami, un type très, très malin. Il disait toujours que si quelque chose n'était pas cassé, qu'il fallait le laisser tranquille. Il était entouré par un noyau de musiciens qui le soutenaient et qu'il avait toujours près de lui. Il les embarquait de projet en projet. Il cherchait la cohérence."

"Même si les albums de James Taylor sont complètement différents de ceux de Linda Ronstadt, il y a quand même une cohérence. Nous étions le fil qui retenait les perles."

Dans les pages qui suivent, Kunkel se retourne sur les 13 albums qui ont fait une différence."

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BB King – Indianola Mississippi Seeds (1970)

"BB était génial ! Il était toujours super sympa. Il avait un charme incroyable ! C'était dingue ! Et il n'a pas changé d'un brin !"

"J'étais en admiration ! Tout ce que je pouvais faire, c'était de le suivre et rester en retrait autant que je le pouvais. Quand il commençait un morceau, il s'asseyait toujours sur une chaise comme ça. Il pinçait une corde en disant que personne ne l'aimait à part sa mère et en pinçant une autre, il ajoutait : 'Et quelle femme, elle savait vous faire danser une jive !' Je savais exactement ce que j'avais à faire : il commençait et mon boulot, c'était de continuer."

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James Taylor – Sweet Baby James (1970)

"Je jouais avec John Stewart à ce moment-là. John était un très bon copain. Malheureusement, il est décédé il y a deux ans. Dans son groupe, il y avait un joueur de violon génial, Chris Darrow, c'était un pote de Peter Asher. Peter était de retour de Grande-Bretagne et venait de quitter Apple Records. Il est arrivé avec James Taylor. Il cherchait des musiciens pour faire un album avec Warner Brothers, c'était Sweet Baby James. Il avait besoin d'un batteur et Chris lui a demandé de venir voir le gars qui travaillait avec John. Il est arrivé un jour à l'une de nos séances de répète et m'a engagé sur-le-champ."

"Je suis parti répéter chez Peter. Ils avaient un piano dans le living room. Il venait de le mettre là. Il n'y avait presque rien d'autre. Carole King était au piano, James s'est installé sur une chaise pendant que je sortais mes batteries. Et, nous avons commencé à répéter des morceaux. Je crois me rappeler que Danny Korchmar était là aussi. Il était à la guitare acoustique ou électrique, il jouait presque sans bruit. Nous avons répété encore un peu. Puis, nous avons enregistré Sunset Sound. Quel souvenir !"

"Ah, je me rappelle un truc marrant ! Peter vivait dans le quartier résidentiel de Larchmont. Il n'était donc pas question de jouer avec mes baguettes. Il n'y avait pas d'ampli, pas de moniteurs alors j'ai dû faire les quatre séances de répétition avec mes balais en les jouant comme des baguettes. Fire And Rain faisait partie des chansons sur lesquelles nous avions bossé avant d'arriver au studio."

"J'étais venu dans le studio avec l'intention d'utiliser mes baguettes. Et c'est ce que j'ai fait sur la plupart des titres mais, quand on a commencé sur Fire And Rain, je suis passé aux balais. C'était Peter ou James, je ne me souviens plus exactement qui m'a demandé ce que j'utilisais aux répètes... En tout cas, ça leur a plu et l'un d'entre eux m'a demandé de les reprendre sur le titre."

"Les sessions étaient géniales rapides. Si je me souviens bien, nous avons réussi à faire un album en une semaine, peut-être même trois ou quatre jours. Bob West était à la basse et il y avait Carole, Danny, James et moi. Et, je crois que Red Rhodes jouait sur une guitare en acier. Et puis, tout s'est passé très vite. L'album est sorti, Peter m'a demandé de partir en tournée avec James. Et voilà, c'était une expérience inoubliable !"

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Carole King – Tapestry (1971)

"J'ai commencé à bosser sur Tapestry parce que je jouais déjà avec Carole et James. Je crois que j'ai joué sur quatre ou cinq prises, sur la moitié peut-être. L'autre moitié, c'est ceux qui étaient avec Carole qui l'ont faite. D'ailleurs, c'était le groupe de Danni, Jo Mama. Nous nous sommes partagé les tâches. Nous avons enregistré l'album dans le studio D des studios A&M avec Lou Adler comme producteur.

"C'était facile de bosser avec Carole. Elle maîtrisait ! Elle avait la capacité d'expliquer parfaitement ce qu'elle attendait de nous. D'ailleurs, tout s'est passé très vite. Tous les morceaux auxquels j'ai participé ont été un vrai plaisir !"

"Je savais qu'on était sur quelque chose. On circulait parmi tout un groupe de gens. C'était comme une grande famille. Il y avait Peter, Lou Adler et des tas de maisons de disque. On jouait sur plein de trucs. Le groupe The Eagles commençait à faire leur apparition. Il y avait aussi le disque de Jackson Browne. Il se passait tant de choses à cette époque !"

"Personne n'avait prévu le succès de Tapestry. Avec les deux albums, Sweet Baby James et Tapestry, on avait les points de vue masculin et féminin. Ces deux albums ont touché plein de gens. Il y avait une soif à l'époque pour genre de truc qui n'avait pas été assouvie. Et, lorsque ces albums sont sortis, tout le monde s'est précipité pour les boire."

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Joni Mitchell – Blue (1971)

"Joni et moi nous sommes toujours très bien entendus. Elle savait ce qu'elle voulait. Elle l'exprimait d'une manière différente des autres. Elle l'exprimait en termes de couleurs et de sensations qui me convenaient parfaitement. C'était une expérience très positive pour moi en studio avec elle et son non moins génial ingénieur du son, Henry Lewy.

"James assistait à toutes les sessions. Lui et moi avions tellement joué ensemble en studio et en tournée ! Joni faisait tout cela toute seule. Je ne crois pas avoir joué de la batterie sur quoi que ce soit. J'ai peut-être joué sur quelques prises. C'était des percussions sur la plupart des morceaux."

"Joni était très rafraîchissante dans son approche. Elle était une véritable artiste dans toutes les facettes de sa vie. L'art de la danse était aussi important que l'aboutissement."

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Harry Chapin – Heads & Tales (1972)

"Encore quelqu'un de génial ! Il était drôle, intelligent, bourré de talent et pourtant si modeste. C'était fou ! Il était très vivant aussi. C'est Jac Holzman qui m'a présenté à lui ; il était le manager d'Elektra Records à cette époque."

"Je ne suis pas sûr d'avoir joué sur Taxi, qui était le tube de l'album. Le truc qui caractérisait surtout Harry, c'était qu'il avait le don de raconter des histoires qui s'intégraient complètement à la musique. Je les trouvais tout à fait uniques. Et il dirigeait tout, jusqu'au moindre détail !"

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Jackson Browne – Running On Empty (1977)

"Ça aussi, c'était une expérience ! C'était la fête en permanence. Greg Ladanyi enregistrait toutes nos performances. Nous avions une espèce de machine à **tracks** multiples, c'était Greg qui s'en occupait. Nous faisions nos enregistrements dans les hôtels que nous transformions en studio."

Dans l'un des hôtels, je ne me souviens plus si c'était dans le Missouri ou l'Ohio... il y a des photos de l'hôtel dans l'album Running On Empty. Nous avions installé tout un studio dans deux chambres contiguës. Puis, nous y avons fait quelques enregistrements. Nous faisions nos trucs dans les bus aussi. C'était un peu une tournée/enregistrement. Ça a pris peut-être un mois? ou deux? C'était spectaculaire !"

"Après la tournée, Jackson a commencé à passer les cassettes. Lorsqu'il a fini de les écouter, il s'est dit que c'était une bonne idée de faire un album à partir des morceaux live. Il m'a d'ailleurs attribué l'idée. Quoi qu'il en soit, j'ai toujours cru que c'était un album très spécial."

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Crosby, Stills & Nash – CSN (1977)

"J'ai travaillé avec Stephen d'abord. Je me suis rapproché de son groupe après la rupture avec Manassas. C'est ma connexion avec lui qui m'a amené à participer à la tournée CSNY. Nous avions l'intention d'enregistrer un album après cette tournée mais ça ne s'est pas fait."

"Ensuite, j'ai commencé à beaucoup travailler avec David et Graham. J'ai fait Wind On The Water. C'était génial, on s'est complètement éclatés. Il y avait Danny et moi, TIm Drummond, David Lindley et Craig Doerge.

"D'abord, je tiens à dire que j'aime Graham et David de tout mon coeur ! Stephen et Neil aussi ont toujours été généreux envers moi. À chaque fois que j'ai l'occasion de les voir, c'est toujours avec beaucoup de plaisir. Il y a quelques années, avec mon fils Nathaniel, j'ai eu la chance de produire un solo album de Graham Nash et un album Crosby/Nash. Toutes les expériences de travail que j'ai eues avec eux ont toujours été merveilleuses."

"Ils laissent les choses se faire. C'est leur manière de travailler. Ils ont toujours opéré comme ça et ce n'est pas près de changer. Ils commencent par appeler des gens qu'ils connaissent dans leur studio. Et puis, David s'assoit avec ce beau sourire qu'il a toujours dans ces moments-là. Il prend son acoustique et commence à jouer un truc en disant 'Écoute ça!' Il commence à jouer un morceau et tu te mets à réfléchir à ce que tu peux faire pour que ça marche. On parle très peu."

"Je commence par jouer une cymbale ride très légère sur le tempo de son morceau. Puis, le piano nous rejoint. Ils laissent la magie s'opérer, c'est leur force."

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Warren Zevon – Excitable Boy (1978)

"On nous a demandé, à Danny, Waddy, Leland et moi de participer au Rock et Roll Fantasy Camp à Vegas. Nous avons participé aux cours et joué en concert. En répétant pour le concert, nous nous sommes rendu compte que nous n'avions choisi que des morceaux écrits, produits ou joués pour notre nous. "

La liste était incroyable : Werewolves Of London avec un autre morceau de Warren Zevon, Johnny Strikes Up The Band; All She Wants to Do Is Dance de Don Henley. Nous avons aussi joué quelques trucs de James Taylor coécrits avec Danny, Machine Gun Kelly et Honey, Don't Leave LA.

"Nous nous sommes rendu compte que nous étions le meilleur choix pour reprendre tous ces titres. Nous avions joué tous ces morceaux et maintenant nous les reprenions ! Nous nous sommes décidés à refaire la même chose. Nous avons alors proposé à des agences de faire des reprises. On voulait s'appeler The Sides.

"Ce faisant, nous sommes allés chercher des titres sur l'album Excitable Boy. J'avais complètement oublié que j'avais joué sur quatre morceaux sur cet album. Warren était génial ! Jackson et Waddy produisaient ensemble. Waddy et Warren étaient des potes ; nous avions joué avec les Everly Brothers, eux se connaissaient depuis toujours. Waddy présenta Warren à Jackson et puis on s'y est mis !"

"C'est un album génial, absolument fantastique ! Je suis très fier d'y avoir participé. Waddy est un producteur génial, Jackson aussi et Warren a ces morceaux complètement déments. Nous nous vraiment éclatés à les faire."

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Linda Ronstadt – Mad Love (1980)

"C'était le moment où on est parti dans une nouvelle direction. Nous nous efforcions de garder les oreilles ouvertes sur ce qu'il y avait de nouveau autour de nous. Il y avait le premier album d'Elvis Costello qui a été une énorme influence. C'était un son entièrement nouveau. Je me souviens encore être allé le voir aux Attractions. Nous sommes partis le voir à Hollywood High School aussi, Peter, Danny, Linda et moi. J'étais fasciné par le fait qu'il jouait à l'auditorium du lycée d'Hollywood !"

"Ils étaient géniaux ! Je vois les choses un peu différemment maintenant avec le recul, mais, à l'époque, je me disais qu'il était temps de faire d'autres trucs. Il fallait changer de vitesse ! Je ne sais plus si c'était Linda ou Peter qui poussait le reste."

"Je ne me rappelle pas qu'il y aient eu des tensions particulières entre nous mais on était en terrain inconnu. Je n'étais pas toujours très sûr du choix de certains morceaux. Ce n'était pas à moi de décider, mais c'était comme si on essayait de rentrer un morceau de bois carré dans un rond. Mais malgré tout ça, à la fin, on était tous très contents du résultat, les gens ont très bien accueilli l'album."

Russ Kunkel, le producteur et batteur de studio légendaire révèle les 13 albums qui ont défini sa carrière
Dan Fogelberg – The Innocent Age (1981)

"Oh ! C'est un album qui me touche énormément ! Dan me manque beaucoup. Il était un très, très bon ami. Nous nous sommes tout de suite très bien entendus. Je l'ai rencontré pour la première fois lors des Souvenirs Sessions que Joe Walsh produisait. C'est à ce moment-là que Dan et moi avons commencé à former une longue collaboration pour les enregistrements et le live.

"Je crois que j'ai travaillé sur trois autres albums avec Dan avant The Innocent Age. C'était Captured Angel en 1975, Netherlands en 1977 et Phoenix en 1980. The Innocent Age, je crois a été enregistré dans le studio de Graham Nash à Crossroads Of The World à Hollywood en Californie. C'était un double album et je me rappelle que la compagnie de disque n'était pas très chaude du fait qu'il s'agisse d'un double album. Mais, à la fin, ça a été un véritable succès."

"Dan avait un talent vraiment énorme pour faire ses disques. Encore un qui savait ce qu'il voulait et était capable de l'articuler de façon merveilleuse. C'était un visionnaire et un compositeur complet. Il était capable de voir le produit fini. Il voyait la sculpture dans le bloc de glaise."

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Stevie Nicks – Bella Donna (1981)

"Il est fantastique aussi ! Encore un producteur extraordinaire, Jimmy Iovine. Il a été super avec moi. Je savais qu'il connaîtrait le succès. C'était un géant. J'ai beaucoup appris en travaillant à ses côtés."

"Le truc qu'il faisait tout le temps, je n'oublierai jamais ! C'était de s'installer dans le studio avec nous. Pendant qu'on plaçait nos écouteurs, qu'on s'organisait, Jimmy sortait de la salle de contrôle et s'asseyait à côté de nous, dans un endroit où il pouvait voir tout le monde. Il mettait les écouteurs et disait : 'Ok, on y va'; Nous jouions le morceau et, pendant ce temps, il attrapait un micro et disait à l'ingénieur : 'Plus de volume sur les batteries; Atténue les basses. La voix de Stevie, plus fort. Plus de piano. Non, débarrasse-nous des rivières sur le piano. Ok, bien, un peu plus de grosse caisse; Parfait !' Il faisait tout ça du sol."

"En d'autres termes, il se mettait à la place des musiciens et pas de l'autre côté derrière le verre de la salle de contrôle. Il savait que ça ne prendrait que quelques prises. Il ne voulait pas les rater. Du coup, il restait avec nous pour s'assurer que tout marchait et quand ça sonnait bien, il s'approchait et demandait si tout le monde était content. Stevie faisait alors son entrée et boom, une ou deux prises et c'était fait !"

"Il travaillait toujours comme ça. J'adorais ça. C'était un visionnaire. Il savait que les morceaux étaient déjà faits. Il ne restait plus qu'à faire merger le jeu des musiciens. Il avait Davey Johnstone, Waddy, Benmont Tench et Roy Bittan des the E Street Band, Benmont Tench des The Heartbreakers, moi et Bob Glaub. C'était le choix de Jimmy."

"J'ai travaillé avec Stevie par intermittence au cours des années. J'étais le directeur musical pendant une tournée. Je l'adore ! Elle est une véritable amie et une géante de la musique."

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Lyle Lovett – Joshua Judges Ruth (1992)

"La première fois que j'ai travaillé avec Lyle Lovett, c'était à l'occasion du CD hommage Grateful Dead sur le morceau Friend Of Evil. J'étais déjà un fan de Lyle depuis plusieurs années alors j'étais ravi de pouvoir jouer avec lui. Un peu plus tard, il m'a rappelé pour jouer sur un album qu'il composait, Joshua Judges Ruth.

"Enregistrer avec Lyle a toujours été un plaisir. Il aime que les parties rythmiques soient uniques. Alors, il me fallait faire preuve d'inventivité, sortir des sentiers battus. J'aime beaucoup ce processus. Ça me force à faire parler mon imagination. Les morceaux de Lyle que je préfère sur cet album sont Been To Memphis, Church, North Dakota et She's Already Made Up Her Mind. Cet album se distançait un peu du jazz et des racines blues des albums précédents de Lyle. L'approche est plus économe sur les arrangements."

"Je joue live avec Lyle depuis longtemps maintenant. Quelques fois, c'est avec des groupes 'Large Band' avec une section cuivre de quatre instruments et des choristes. D'autres fois, c'est le petit groupe acoustique avec Keith Sewell, Luke Bulla, John Hagan, Lyle et moi. N'importe la configuration, c'est toujours génial !"

"Lyle a été un ami merveilleux pour moi et ma famille durant toutes ces années. Mon fils Nathaniel est ingénieur du son et il coproduit les enregistrements de Lyle avec lui. Un été, je devais rater l'anniversaire de ma fille parce que j'étais en tournée. Myle a invité Elsie qui est chanteuse/compositrice à nous rencontrer en tournée le jour de son anniversaire et lui a demandé d'interpréter deux de ses morceaux. C'est un bon exemple de sa générosité. Je suis très fier de pouvoir compter Lyle parmi mes meilleurs amis."

Russ Kunkel, le producteur et batteur de studio légendaire révèle les 13 albums qui ont défini sa carrière
Jimmy Buffett – Barometer Soup (1995)

"C'est probablement mon album préféré. À l'époque, Jimmy écrivait son premier livre. Il avait une deadline. Alors, il m'a appelé pour produire l'écriture de son album. Accompagné par le génial claviériste et l'ami qu'est Jay Oliver, Peter Mayer, le guitariste de Jimmy et Roger Guth, le batteur de Jimmy, je suis allé à Key West chez lui, ça s'appelait The DIsh Camp. C'était le petit complexe dans lequel Jimmy se retranchait.

"Le concept de Jimmy pour le Barometer Soup s'inspirait de Key West. Les morceaux étaient écrits à la manière de Mark Twain ou Hemingway sur cet endroit. Nous essayions de créer des films musicaux inspirés par Key West et son histoire.

"Nous passions la matinée à boire du café et lire. Puis, Jay s'installait au piano et commençait quelque chose. Quelqu'un d'autre ajoutait une idée, c'était une collaboration. Nous écrivions la musique tous les quatre en gardant une ébauche des paroles.

"Jimmy venait une fois ou deux par semaine. Nous lui donnions les prises des morceaux ébauchés, des trucs MIDI et de guitares. Nous n'avions parfois seulement une ligne pour le refrain, un semblant de refrain et peut-être une esquisse pour le reste. Jimmy repartait avec ça, il se retranchait quelque temps pour les finir. On les faisait émerger de l'océan tandis que lui, les modelait."

"C'est mon disque préféré parce qu'il est très influencé par Key West, Hemingway et Mark Twain. Nous avons écrit dans l'un des restaurants du coin, le Blue Heaven. Nous nous sommes laissés aller à l'ambiance de l'endroit et nous imprégner de l'écriture de Hemingway et de Mark Twain. Je suis extrêmement fier du résultat !"

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